Arnold Schoenberg et l'école de Vienne

Compositeur, peintre et théoricien, Arnold Schoenberg a toujours considéré sa musique comme l’héritière authentique de la tradition classique et romantique allemande. Celui qui proclamait :

« il y a encore beaucoup de bonnes musiques à écrire en do majeur » fut pourtant l’initiateur d’une révolution atonale sans précédent.
Compositeur autodidacte, Arnold Schoenberg fait ses armes en arrangeant et en orchestrant des opérettes et des chansons populaires. A partir de 1894, il bénéficie des conseils d’Alexander Zemlinsky - son futur beau frère - qui lui enseigne l’art du contrepoint. Fasciné par la musique de Richard Wagner et de Johannes Brahms, Arnold Schoenberg compose des œuvres de jeunesse dans la tradition romantique allemande. De cette époque, il laisse notamment l’une de ses pièces maîtresses – La nuit transfigurée – composée alors qu’il n’a que 26 ans.
Une fois franchi le tournant décisif vers l’atonalité, Arnold Schoenberg entame une période de création intense où il amène l’émancipation de la dissonance à son paroxysme. C’est dans cette période dite d’« atonalisme libre » que s’inscrivent le mélodrame Erwartung et Pierrot Lunaire. Au début des années 1920, le compositeur met au point le dodécaphonisme sériel qu’il applique dans ses œuvres jusqu’à pousser le procédé à sa plus extrême virtuosité.
Exilé à Paris puis aux Etats-Unis où il se consacrera à l’enseignement jusqu’à la fin de sa vie, Arnold Schoenberg fut conscient d’avoir opéré une rupture musicale avec le passé même s’il restait persuadé d’être un conservateur qu’on avait forcé à devenir révolutionnaire.

Arnold Schoenberg est l'un des compositeurs les plus importants de la première moitié du 20e siècle. Il a profondément influencé l'histoire de la musique par ses recherches et ses découvertes. Que l'on ait été sensible à son influence ou que l'on s'en soit clairement démarquée, il n'a laissé personne indifférent, et aujourd'hui encore nombre de ses pairs font encore référence à ses innovations. Il est le chef de file de l'école de Vienne, principalement représentée par ses élèves et amis Alban Berg et Anton Webern. Après une période encore tonale, clairement rattachée au post-romantisme viennois, Schoenberg oriente sa musique vers l'atonalité. A la différence de beaucoup, il la théorise, il fait école et affirme de manière tonitruante l'importance capitale de la dissonance. Il lui voue en effet un véritable culte, annonçant l'avènement de son "émancipation" et de la prochaine "pulvérisation de la tonalité".

Pierrot lunaire (op. 21) met la touche finale à une période de composition frénétique, durant laquelle schoenberg découvre avec bonheur les immenses possibilités qu'il vient de s'ouvrir.

Cette pièce a été commandée à Schoenberg par une chanteuse berlinoise de cabaret Albertine Zehme. Il va exploiter les timbres vocaux populaires si caractéristiques de cet univers qu'il connaît bien en demandant à l'interprète un chant qui frise les hauteurs sans les timbrer. La voix se transforme alors en son plutôt qu'en vecteur de la mélodie et elle participe pleinement à la "klangfarbenmelodie" de la pièce.....

sources :

Guillaume Kosmicki - Musiques savantes de Debussy au mur de Berlin (Le mot et le reste)

France Musique

http://www.musicme.com

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