Reprise des cours d'histoire de la musique ce matin et quoi de mieux pour traduire nos émotions de la semaine passée que d'écouter cette symphonie n° 5 de Mahler qui évolue des ténèbres à la lumière, d'une marche funèbre à un rondo triomphal. Et pour ceux qui sont impatients de retrouver le célèbre Adagietto qu'utilisa Visconti dans "Mort à Venise", il faut aller directement à la minute 49 de la vidéo.

Avant de tourner la page du romantisme, thème étudié l'an passé, nous sommes revenus sur le final de cet âge avec "la lugubre gondole" de F. Lizt.

Nous voici prêts à aborder le premier artiste étudié pour la période moderne allant de 1890 à 1945, Claude Debussy.

Musicien libre et anticonformiste, Debussy a souvent été caractérisé d’impressionniste musical, étiquette qu’il n’a jamais acceptée. Sa musique accorde une place de choix à la couleur et aux timbres instrumentaux.

Plus de musique descriptive dans cette oeuvre ; tout est rêve, imprégné de panthéisme voluptueux autant qu'éphémère.

Le compositeur lui-même commente en ces termes : « La musique de ce Prélude est une très libre illustration du beau poème de Mallarmé. Elle ne désire guère résumer ce poème, mais veut suggérer les différentes atmosphères, au milieu desquelles évoluent les désirs, et les rêves de l'Egipan, par cette brûlante après-midi. Fatigué de poursuivre nymphes craintives et naïades timides, il s'abandonne à un sommet voluptueux qu'anime le rêve d'un désir enfin réalisé : la possession complète de la nature entière.

Laissons sonner "la cloche à travers les feuilles"

Derrière les feuilles, allons jeter un oeil à "la pagode" (Estampes)

Puis partons écouter "la mer"...

Et pour terminer cette session, quittons-nous sur l'écoute de "jeux". "Une apologie plastique de l'homme de 1913" avait suggéré Diaghilev. Le prétexte de Nijinski tint en quelques lignes, utiles pour en définir l'esprit : "Dans un parc, au crépuscule, une balle de tennis s'est égarée, un jeune homme, puis deux jeunes filles, s'empressent de la rechercher. La lumière artificielle des grands lampadaires électriques qui répand autour d'eux une lueur fantastique leur donne l'idée de jeux enfantins ; on se cherche, on se perd, on se poursuit, on se querelle, on se boude sans raison ; la nuit est tiède, le ciel baigné de douces clartés, on s'embrasse. Mais le charme est rompu par une autre balle de tennis jetée par on ne sait quelle main malicieuse. Surpris et effrayés, le jeune homme et les deux jeunes filles disparaissent dans les profondeurs du parc nocturne." Un marivaudage orchestral, mais aussi une sorte d'hommage à la jeunesse et à la beauté, en cette musique de gestes toute frémissante de rythmes.

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