Marché aux draps à Landerneau
Marché aux draps à Landerneau

Une très intéressante conférence à l'UTL, cette après-midi, consacrée à Eugène Boudin prononcée par Jacqueline Duroc , qui nous a permis de découvrir les nombreuses facettes de ce peintre.

L'occasion, une fois rentrée à la maison, de rechercher dans ma bibliothèque l'ouvrage de Laurent Manoeuvre "Boudin, le ciel et la mer" et d'en relire l'introduction :

"En dépit de son admiration pour Millet et les peintres de Barbizon, et malgré la proximité de la campagne, Boudin n'a pas le goût du terroir. Il y aura pourtant une brève exception, lorsque, dans les années 1860, par l'intermédiaire de sa femme, il découvre la vie des paysans du Finistère. Séduit par ce monde austère, il se détourne de ses sujets habituels : "Cette plage de Trouville qui nagère faisait mes délices n'a plus l'air à mon retour que d'une affreuse mascarade". Mais ce ne sera qu'une passade, et le peintre reviendra vite au bord de mer et au "plein air". Au cours des ans, Boudin explorera les côtes, de Rotterdam à Bordeaux, et de Villefranche à Venise. Par goût, il se contenterait volontiers de son coin de Normandie natale. La diversité des thèmes d'inspiration n'y manque pas. Cependant, le peintre doit satisfaire aux exigences de ses clients."

"En villégiature chez sa mère, à Honfleur, Baudelaire, qui appartient à la génération du peintre, remarque dès 1859 les ciels de Boudin. Il qualifie les pastels, conçus par l’artiste, comme une chronique des changements inattendus ou prévisibles du ciels de "beautés météorologues". Mais en dehors de cette vision objective, le poète voit dans le ciel un territoire de l'imagination.

Pour ce romantique, la nature ne vaut que si elle peut susciter le rêve....."Tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselant de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium".

...Cette vision, débarrassée du carcan des contours, de l'opacité de la matière, et de l'artifice de la perspective, se révèle extraordinairement lumineuse et empreinte de légèreté. Boudin était parvenu à faire partager cette perception du paysage à Monet, lorsqu'en 1958 au Havre, il avait emmené son disciple travailler sur nature. Fort de cette leçon, le future maître impressionniste....saura remercier Boudin : "Je n'ai pas oublié que c'est vous qui, le premier, m'avez appris à comprendre et à voir."

Le peintre des ciels
Le peintre des ciels
Le peintre des ciels
Le peintre des ciels

Laurent Manoeuvre qui fut le Commissaire de l'exposition consacrée à Eugène Boudin en 2013 complète cette présentation dans une interview vidéo à Libération.

Pour un plus large aperçu de l'oeuvre d'Eugène Boudin, une dernière petite vidéo en compagnie de Mozart.....

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