Les étrennes

Ma chère amie A. m'a offert récemment un joli petit recueil de poésies. En le feuilletant ce matin, une poésie a retenu mon attention : "Les étrennes des orphelins" d'A. Rimbaud

" Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quelque songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,."...

Aussitôt des souvenirs sont remontés à ma mémoire...C'était une époque, où les SMS, MMS n'existaient pas, où le branchement à une ligne fixe de téléphone était long et difficile, où l'on transmettait ses vœux par courrier uniquement aux personnes qui n'habitaient pas à proximité.

C'était l'époque des vœux échangés de vive voix, selon un cérémonial très codifié. D'abord, impérativement le 1er janvier, juste après le déjeuner avec les grands parents, paternels puis maternels, les parrains et marraines, les nombreuses tantes et oncles paternels et maternels, les cousins paternels à travers toute la campagne des environs de R. puis les jours suivants les amis de nos parents.

Les enfants se soumettaient de bonne grâce à cette "cérémonie" complétant au fil des heures le petit pécule, qui leur permettrait de s'offrir livres et autres cadeaux utiles,(dixit Maman)... après avoir prononcé la formule magique et échangé un baiser, qui parfois "piquait", avec tous ces adultes, dont on peinait à retenir le lien de parenté d'une année à l'autre : "Bonne année, bonne santé et le paradis à la fin de vos jours", Bien sûr, au bout de la dixième ou onzième fois, parfois la langue fourchait et l'on souhaitait le paradis à la fin de l'année, mais cela ne choquait plus personne, car la fin de l'après midi approchait.......

Que cette année vous soit douce, riche de découvertes, rencontres, menus plaisirs et grandes joies et surtout qu'elle vous garde en pleine forme !

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