Allons danser avec Igor Stravinsky

Igor Fiodorovitch Stravinsky est un compositeur, pianiste et chef d’orchestre russe (naturalisé français puis américain), du XXe siècle. L’unité de son œuvre s’observe dans son audace, l’ensemble de ses compositions s’applique à oser franchir les barrières des conventions stylistiques.

Véritable citoyen du monde, il nait en Russie, se réfugie en Suisse pendant la première guerre mondiale, s’épanche ensuite de la France où il obtient la nationalité. Il se lie d’amitié avec toute une partie de l’intelligentsia avant-gardiste. On peut citer son amitié sincère pour Picasso, ou sa liaison avec Coco Chanel. Il part ensuite pour les Etats-Unis, où il obtient là-bas aussi la nationalité. .

Son père chanteur et sa mère pianiste, Stravinsky est affecté par le manque de tendresse reçue dans sa jeunesse, et l’insistance de ses parents pour qu’il ne fasse pas de la musique son métier. Il suit donc des cours de Droit à l’université de Saint-Pétersbourg à partir de 1901, en même temps que des leçons d’harmonie et de contrepoint. A la mort de son père, il abandonne peu à peu le droit pour se consacrer entièrement à la musique. Sa rencontre avec Rimski-Korsakov fut décisive, il devient son professeur de musique, lui enseignant principalement l’orchestration et les formes classiques. Le début de la carrière de Stravinsky est intrinsèquement lié à sa rencontre avec Diaghilev, il compose la musique des ballets russes de ce dernier qui remporte un franc succès, Stravinsky devient célèbre. Ses compositions, par leur aspect provocateur car ne respectant pas les codes classiques, ne plaisent pas à tous, le Sacre du Printemps notamment suscite la moquerie et le scandale.

L’évolution de sa carrière et de son œuvre peut se découper en plusieurs parties, d’abord très inspirées par le folklore russe, il se tourne ensuite vers un style plus dépouillé, avant de retourner à des formes plus classiques. Enfin, il s’intéresse à la musique sérielle, dans la lignée du chromatisme de Schönberg (pourtant sceptique à l’origine) et exploite ces champs de possibilités dans ses compositions.

Serge de Diaghilev, directeur artistique des ballets russes a senti tout le potentiel de Stravinsky à l'écoute de ses premières oeuvres. Il lui commande tour à tour L'oiseau de feu et Petrouchka créés à Paris en 1910 et 1911

Avec son troisième ballet le Sacre du Printemps créé dans un immense scandale par Pierre Monteux au Théâtre des Champs Elysées en mai 1913, Stravinsky inscrit définitivement son nom dans l'histoire de la musique du XXe siècle.

Avant la musique, c'est la chorégraphie de Nijinsky qui a choqué. Mais l'oeuvre de Stravinsky est pure révolution d'un bout à l'autre, et elle a immanquablement contribué à l'ampleur de l'émeute. Il est tout aussi évident que l'argument du ballet, initié par le compositeur lui-même, a aussi été pour beaucoup dans le choc du public. Il est construit autour d'un "rituel païen" qui va mener au sacrifice d'une jeune fille pour célébrer l'arrivée du dieu Printemps. Comme dans ses précédents ballets, mais avec une sauvagerie jamais atteinte, il n'hésite pas à employer la polytonalité et la polyrythmie. Cela engendre une profusion incroyable de thèmes....

Un an plus tard, en avril 1914, le Sacre connaît un triomphe dans une version orchestrale non chorégraphiée. Quelques mois encore et les nouveaux ostinatos et accents rythmiques qui se feront entendre sur l'Europe seront ceux des canons et des mitrailleuses, et pour quatre ans encore.

sources : G. Kosmicki - Musiques savantes - De Debussy au mur de Berlin - Editions : Le mot et le reste

Retour à l'accueil