Entre Mayence et Coblence, le Rhin s'enfonce dans une vallée étroite et encaissée. Le fleuve trouve son chemin en serpentant dans des gorges étroites ou entre des pentes plus douces plantées de feuillus et de vignes. A chaque tournant un nouveau panorama s'ouvre sur de petites villes fortifiées, aux clochers et façades blanches et souvent surplombées par un ou plusieurs châteaux.

En de nombreux endroits, la vallée ne laisse passer que le fleuve, une voie ferrée et une route sur chaque rive. Aucun pont sur ce parcours, mais de nombreux bacs traversent fréquemment le fleuve.

A mi-parcours, la gorge la plus étroite est dominée par la célèbre falaise de la Loreley, chantée par Heine. Son nom vient de celui d'une ondine maléfique qui, selon la légende, distrayait les bateliers par ses danses et ses chants et les précipitait ainsi sur les écueils du fleuve.

Aujourd'hui, le trafic est intense sur le fleuve, bateaux de croisière et énormes péniches se suivent et se croisent dans un ballet incessant.

Le château fort Marksburg est surtout remarquable parce qu'il est entièrement conservé comme fortification médiévale.Son fondateur a su voir en 1150 la situation stratégique de ce pic. On ne peut l'attaquer ni par le Rhin, ni par l'arrière. Cette forteresse imposante datant du XIVème siècle se dresse au-dessus de la ville romantique de Braubach.

La vallée du Rhin romantique et ses châteaux

Le château fort Maus, qui s'appelle en fait Thurnberg, a été la résidence favorite des princes-électeurs de Trèves. L'archevêque Balduin a fait construire ce château fort entre 1353 et 1388 pour défendre son territoire récemment acquis. Il comptait parmi les forteresses les plus modernes et intéressantes de l'époque.

Vers 1370 les comtes de Katzenelnbogen ont fait construire sur la montagne voisine la forteresse puissante de Neu-Katzenelnbogen. La population avait l'impression que ces deux châteaux forts se guettaient comme le chat et la souris. C'est ainsi que les deux forteresses ont acquis leurs sobriquets, sous lesquels ils sont toujours connus.

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Le comte Guillaume II de Katzenelnbogen a fait construire le château fort Katz dans la deuxième moitié du XIVème siècle. A l'époque le château fort Katz servait de point de défense militaire, protégeant le château fort Rheinfels. Ces deux châteaux forts formaient une forteresse avec une barrière dans le Rhin pour le péage. Situé sur un rocher escarpé, le château fort Katz était imprenable du côté de la vallée. C'était seulement après l'introduction des armes à feu qu'on a dû renforcer considérablement les fortifications du château fort Katz. Il servait aussi de rempart contre le château fort Maus des princes électeurs de Trèves. La tour du château fort Katz fut rehaussée jusqu'à 60 m, de sorte qu'on ait une bonne vue sur le château fort Reichenberg 3 km plus loin. La maison des comtes von Katzenelnbogen disparut en 1480. Pendant les longues années de disputes sur l'héritage, les châteaux forts Katz et Rheinfels ont été assiégés, détruits, reconstruits et élargis à plusieurs reprises. Bien qu'on ait exécuté des travaux de rénovation en 1800, Napoleon fit sauter le château fort Katz en 1806.

En 1897 le château fort Katz fut acquis par Berg, commissaire du district, qui le fit reconstruire dans son état original.

Entre 1947 et 1951 le château fort hébergeait le lycée classique "Institut Hofmann" avec logement pour écoliers. Depuis 1989 le château fort Katz est une propriété privée japonaise qui héberge l'Hôtel Château Fort Katz.

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Sur l'autre rive, Rheinfels a été construit vers 1245 par les comtes de Katzenelnbogen. En 1480 il entrait en possession des landgraves de Hessen, qui en faisaient une forteresse. Comme seule forteresse sur la rive gauche du Rhin, ce château fort résista en 1692 aux troupes françaises de Louis XIV. En 1795 - sans lutte - Rheinfels tomba entre les mains des troupes révolutionnaires françaises, qui firent sauter le château fort. La ruine servit de carrière pendant la reconstruction de la forteresse Ehrenbreitstein à Koblenz. En 1843 le prince Guillaume de Prusse acquit la partie médiévale de la ruine.

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Bacharach est une ville proche d’une falaise sur la rive droite du Rhin connue depuis l’Antiquité car l’écho s’y répète 7 fois. Loreley vient du moyen allemand lürelei (lüren : épier ; lei : rocher). Ce lieu est mélangé aux histoires fantastiques du Moyen-âge.

La vallée du Rhin romantique et ses châteaux
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La Lorelei est un rocher schisteux de 132 mètres dans la Vallée du Haut-Rhin moyen près de St. Goarshausen. La vue du sommet de la Loreley se déploie à perte de vue sur le château Katz et la ville de St. Goarshausen, ainsi que sur la ville "sœur" St. Goar, avec la forteresse Rheinfels.

Devant la Loreley, le Rhin atteint une profondeur de 25 mètres et une largeur de seulement 113 mètres. C'est l'un des endroits les plus dangereux de la vallée du Rhin. Les bateaux, se croisant ici, ainsi que sur tout le trajet entre Oberwesel et St. Goarshausen, sont dirigés par des signaux, appelés "Wahrschau".

Le nom "Lorelei" apparaît dans une ballade romantique écrite par le poète Clemens Brentano en 1801. Dans cette ballade, la Lorelei est une beauté de la localité de Bacharach qui veut mourir parce que son amant est infidèle. L'évêque, fasciné par sa beauté et son charme, l'emmène à un couvent. En cours de route au couvent, elle s'arrête sur la falaise pour regarder le château où est son amant; et lui jeter un dernier regard. Quand elle le voit peu à peu disparaître, elle se jette désespérée dans les flots. Dans le conte de fées du Rhin de 1810, Brentano a changé le thème, de sorte que la Lorelei, apparaisse en tant que femme éperdue se reposant sur un rocher en peignant ses longs cheveux d'or et leurrant les bateliers vers leur destin funeste.

Apollinaire reprend la légende de cette femme qui séduisait les bateliers provoquant le naufrage de leurs bateaux sur les rochers. La Lorelei écrit en 1902 est composé de 19 distiques qui abordent le thème de la puissance maléfique de l’amour qui conduit à la mort.

La Lorelei, à laquelle les allemands vouent un véritable culte, comme tous les endroits très touristiques, entraîne quelques excès. "Le siège de la Lorelei" a donc été installé (par le Rotary local) au sommet du rocher et tout visiteur se doit d'immortaliser sa visite par une photo. Ckéva et P. n'y ont pas dérogé.

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Depuis le village de Kaub, on aperçoit la forteresse Gutenfels, désormais transformée en hôtel. Mais c'est surtout "die Pfalz", qui retient l'attention.

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Construit en 1328 par Ludwig le Bavarois, le château fort Pfalzgrafenstein près de Kaub a servi de station de péage jusqu'en 1866. Son donjon, en forme de tour pentagonale, a été érigé de 1326 à 1327 par le roi de Bavière Louis IV. Autour de la tour, un mur de défense hexagonale a été construit entre 1338 à 1340. En 1477, Pfalzgrafenstein a été utilisé en tant que dépôt pour le comte de Katzenelnbogen. Plus tard, des parties ont été rajoutées en 1607 et 1755, composées de tourelles d'angle, le bastion des armes à feu pointant vers l'amont, et la tour caractéristique baroque selon les plans de Franz Wilhelm Rabaliatti.

Le château avait la fonction de poste de péage, car il était utilisé de concert avec le château Gutenfels et la ville fortifiée de Kaub, sur la rive droite du fleuve. Une chaîne à travers le fleuve contraignait les navires à se présenter, et les commerçants récalcitrants pouvaient être emprisonnés dans le cachot, jusqu'à ce qu'une rançon soit versée.
Contrairement à la grande majorité des châteaux du Rhin, il n'a jamais été conquis ou détruit. Il a non seulement résisté aux guerres, mais aussi aux assauts de la glace et aux inondations. Ses quartiers abritaient une vingtaine d'hommes.
L'île du château a été utilisée pour la traversée du Rhin par 60 000 soldats des troupes prussiennes de Blücher à l'hiver 1814, à la poursuite des troupes de Napoléon.
Le château a été acquis par la Prusse en 1866. Il a continué à être utilisé comme station de signalisation pour la circulation des bateaux fluviaux pendant environ un siècle. En 1946, le château est devenu la propriété du land de Rhénanie-Palatinat.

V. Hugo, héraut du Romantisme, ne pouvait manquer de le décrire :

«Au milieu du Rhin, devant la ville souvent à demi voilée par les brumes du fleuve, se dresse sur un rocher à fleur d’eau un édifice oblong, étroit, de haut bord, dont l’avant et l’arrière coupent le flot comme une proue et une poupe, […] ce navire de pierre, éternellement à flot sur le Rhin et éternellement à l’ancre devant la ville palatine, c’est le palais, c’est le Pfalz.».

sources wikicommons pour photos 2 et 3.
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Bacharach abrite la forteresse de Stahleck accueillant l'une des plus jolies auberges de jeunesse du Land.

La vallée du Rhin romantique et ses châteaux
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La forteresse de Sooneck probablement construite au XIème siècle, faisait partie d'un immense système de défense de l'abbaye Kornelimünster près d'Aix-la-Chapelle. Les châtelains négligeaient leurs devoirs, entreprenaient des maraudes et percevaient des péages illégitimes qui nuisaient fort au commerce. En 1282 le roi Rudolf von Habsburg mis fin à leur carrière criminelle. En 1689 le château fort reconstruit fut détruit par les Français. En 1842 Friedrich Wilhelm IV fit transformer la ruine en manoir. Il chargea l'architecte prusse Schnitzler des travaux, qui étaient terminés en 1861.

Rassasiés de châteaux et forteresses, et rejoints par la pluie, nous prîmes le bac pour rejoindre l'autre rive et rentrer à Echternacherbrück. L'occasion de pester encore contre notre GPS, qui ne nous indiqua pas le bon emplacement pour attendre l'embarquement. C'est en voyant le ferry qui s'approchait que l'on comprit qu'on empêchait tout débarquement. P. eut juste le temps de faire une rapide marche arrière pour se sortir de ce faux-pas et aller rejoindre la queue des véhicules qui attendaient sur la route sur une voie médiane à contre-sens....

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