Lulu : une nouvelle production de W. Kentridge

W. Kentridge nous avait enchantés avec sa production du "Nez" de Chostakovitch en 2010 et la magie semble promise à nouveau ce soir, comme l'annonce le NY Times.

Par ailleurs, Marlis Petersen y interprétera pour la dernière fois le rôle de Lulu, une raison de plus de s'y précipiter.

Bien sûr il ne faut pas se laisser dérouter ni effrayer par le dodécaphonisme de Berg. Cela tombe bien, c'est justement l'une des périodes de l'histoire de la musique que nous avons étudiée l'an passé à l'UTL !

Quant au livret, Germanica nous en propose une analyse détaillée.

Mais d'abord un peu d'histoire :

Lors de sa création à Zurich en 1937 Lulu ne comporte que deux actes. L’orchestration du troisième acte est restée inachevée en raison de la mort prématurée de l’auteur en 1935. Après le décès de l’épouse d’Alban Berg, hostile à toute tentative d’achèvement, le chef d’orchestre et compositeur viennois Friedrich Cerha, parvint à réaliser avec les différents matériaux laissés par Berg, la version en trois actes qui fut créée en 1979 à l’Opéra de Paris avec Teresa Stratas dans le rôle-titre, Pierre Boulez à la direction d’orchestre et Patrice Chéreau pour la mise en scène. Cette nouvelle création quasiment légendaire, voulue par Rolf Liebermann, alors directeur de l’Opéra Garnier, s’imposa définitivement par son évidente réussite. Lulu présente un portrait complexe de femme fatale destructrice au centre de toutes les convoitises masculines. A la fois bourreau et victime, perverse et innocente, elle ressemble à Manon et pourrait dire comme Carmen « qu’elle n’a jamais menti » en suivant toujours son instinct. Appelée « ange exterminateur » par une de ses proies, elle n’en est pas moins asservie à des forces qui l’écrasent et la réduisent à une existence avilissante dont l’inéluctable issue est une mort cruelle et sordide. Critique d’un monde en décomposition, galerie de personnages corrompus, ascension et décadence d’une héroïne dont la liberté de mœurs cache un asservissement profond aux désirs des hommes, Lulu est une des œuvres les plus marquantes du XXème siècle. C’est un opéra sériel ou dodécaphonique dans lequel Berg prend une certaine liberté avec la technique imaginée par Schoenberg, dédicataire de l’œuvre. Témoignant d’une grande maîtrise formelle en alliant symbolique et symétrie, la conception en arche a pour pivot un grand interlude intitulé « Filmmusik » : une scène non représentée, celle de l’emprisonnement de Lulu, qui sépare l’œuvre en deux comme le destin de l’héroïne brisé entre ascension et chute.

Puis le résumé du livret, riche en péripéties... :

Lulu est d’abord mariée à un professeur de médecine. Elle fréquente le docteur Schön et son fils, le compositeur Alwa, venus assister à une séance de pose dans l’atelier du Peintre qui fait son portait. Le Peintre ne résiste pas à son charme sulfureux. Le mari les surprend et s’effondre, foudroyé par une crise d’apoplexie. Lulu, riche veuve, épouse le Peintre qui l’appelle désormais, Eva. Elle reçoit chez elle un mystérieux mendiant du nom de Schigolch dont on ne sait s’il est son père, son amant ou son protecteur. Le docteur Schön, véritable amant de Lulu, désireux de se débarrasser d’elle pour faire un riche mariage, révèle son passé sulfureux au Peintre qui se tranche la gorge. Lulu à nouveau libre, parvient à se faire épouser du faible Schön qu’elle tue après avoir séduit son fils, Alwa qui la livre à la police. Schigolch et une comtesse entièrement dévouée à Lulu, la Geschwitz, décident d’organiser son évasion de prison. Ils lui permettent de reprendre le cours de sa vie trouble de femme fatale à Paris où elle vit désormais avec Alwa. Menacée de dénonciation de meurtre par un marquis, elle convainc Alwa, qui s’est ruiné, de fuir avec elle à Londres où elle se prostitue pour faire vivre son amant et Schigolch. Un de ses clients, violent, la menace et tue Alwa qui s’était interposé. Le client suivant est Jack l’Eventreur. Il tue Lulu, puis la comtesse Geschwitz.

Sources : opera on line

Un petit aperçu avec la bande annonce...

Le Met Opéra, comme toujours, nous laisse entrer dans les coulisses, avec les répétitions

Un extrait de l'introduction de Lulu...

Un extrait de l'acte II :

“Ist das noch der Diwan, auf dem sich dein Vater verblutet hat?”

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