La culture accessible à tous ?

C'est une question que l'on pouvait se poser quand nous sommes arrivés à 10h00 aux capucins pour visiter l'exposition "La 3e scène de l'Opéra de Paris".

Une horde hurlante et déchaînée d'élèves de ce1 avait pris d'assaut l'espace "que les commissaire et commissaire associée Dimitri Chamblas et Amélie Couillaud ont pensé à la fois comme un lieu de spectacle, un lieu d’exposition, un studio de travail et un cinéma. Dans une scénographie qui invite au mouvement, les visiteurs font leur chemin pour découvrir les films selon leurs envies : confortablement installés devant un grand écran, cachés derrière l’angle d’une paroi, allongés sous un plafond vidéo. Les visiteurs, adultes et enfants, pourront arpenter l’espace, s’asseoir, s’allonger, s’étirer, et découvrir, au gré des films et de leurs déambulations, l’Opéra national de Paris sous des angles inédits."

Les médiateurs des Capucins affolés n'ont pas réussi à contenir les enfants d'un des deux groupes présents ce matin. Hurlements et cavalcades recouvraient le son des vidéos projetées. Heureusement, nous avons pu nous réfugier près d'un deuxième groupe plus calme, dont l'encadrant, lui, avait visiblement préparé la visite, puisqu'il indiquait en avance aux enfants les changements de rythme, les incitant à danser en silence ou à fermer les yeux et se laisser envahir par l'émotion de la musique, ce qui nous a permis d'entendre au moins le son des vidéos.

Le calme est revenu vers 11h00 au départ des enfants et de leurs encadrants démissionnaires. A noter que la responsable de l'accueil nous a spontanément offert un remboursement de nos tickets à la sortie de l'exposition et conseillé sur les horaires à choisir pour notre prochaine visite.

Pour les fans de Chagall, les "goodies" sont déjà en vente. P. m'a offert gentiment le tapis de souris représentant le plafond de Garnier pour me consoler de cette déconvenue.

Quel dommage que ces petites têtes n'aient pas été sensibles à la qualité des vidéos projetées.

J'ai aimé : "Je me souviens" pour le partage des émotions, "Giselle, the walking landscape" pour la mise en avant des coulisses de l'opéra, "La grande sortie", encore pour le rêve et le partage de l'émotion.

P. et moi avons vibré en regardant "c'est presque au bout du monde" mettant en exergue l'extraordinaire travail des chanteurs d'opéra, sans oublier "piano/piano", "étoiles, I see you" et "matching numbers" sur la machinerie de l'opéra.

Toutes ces vidéos sont visibles ici si vous préférez les regarder au calme chez vous.

Qu'il est triste que cette formidable scénographie ait été si mal utilisée ce matin. Sans parler du mépris pour le travail d'improvisation de Betty Tchomanga qui a dû supporter cette horde de lutins frondeurs une partie de la matinée.

La culture accessible à tous ?

Pour un petit aperçu de la scénographie mise en place, une petite vidéo (malheureusement de piètre qualité) évoquant l'improvisation de Betty Tchomanga pendant la projection de la vidéo Intermezzo.

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