Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique

Nombreux ont été les articles et reportages annonçant la réouverture du musée de Pont-Aven. Après trois ans de travaux, c'est une véritable renaissance qui offre au visiteur un parcours permanent enrichi de nouvelles oeuvres de Gauguin, Emile Bernard, Paul Sérusier etc..

Quant à l'exposition inaugurale, elle est consacrée aux "Rouart" avec la présentation de trois générations d'artistes et de mécènes : Henri, son fils Ernest et son petit-fils Augustin.

Les photographies étaient interdites bien sûr, mais les ressources disponibles sur internet m'ont permis d'en reconstituer la trame ; cette exposition ayant été présentée, l'an passé à Nancy, de nombreux articles et blogs l'ont évoquée, tel Télérama, "les soirées de Paris" ou le "blog de michelaise"

Compagnon de route des impressionnistes et parent par alliance des Manet-Morisot, Henri Rouart, ancien copiste au Louvre devenu peintre et collectionneur se montra de son vivant moins soucieux de promouvoir ses œuvres que de mettre en valeur celles des autres. Au premier rang desquelles celles de son ami Degas, dont il fit la connaissance au lycée.

Peintre du paysage et particulièrement des arbres, Henri Rouart a exploité toute la gamme chromatique des verts, couleur omniprésente dans la nature et pourtant variante à l’infini selon l’éclairage et le végétal. Vert tilleul, olive, amande, absinthe, malachite, émeraude… On imagine l’artiste mélangeant à l’infini les bleus et les jaunes pour obtenir enfin la nuance recherchée, la fameuse green note qui rendra plus vrai que nature le vivant contraste entre les espèces, qui illuminera la prairie, qui approfondira le mystère des grands arbres en bordure de forêt.

Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique

Après plusieurs mois de préparation pour entrer à l'Ecole polytechnique, Ernest renonce et préfère devenir peintre. Malgré sa déception de ne voir aucun de ses fils suivre ses traces, Henri Rouart confie son troisième fils à Degas, duquel Ernest sera le seul et unique élève. Après lui avoir enseigné les rudiments du dessin, du pastel et de la peinture, Degas envoie son élève au Louvre copier les maîtres anciens. Comme sa femme Julie Manet et sa belle-mère Berthe Morisot, Ernest aime peindre ses proches et son environnement familial. De l'influence de Degas, il garde la passion du travail soutenu; avec patience et soin, il reprend ou recommence une oeuvre.

J'ai particulièrement aimé "l'homme au chien" portrait de son frère Eugène et "la femme au chapeau rouge", qui m'a rappelé "Automat" d'Edward Hopper...

Quant au portrait de sa femme Julie, on y retrouve les traits de sa célèbre tête de chat immortalisée par Renoir.

Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique

En rupture avec l’impressionnisme familial, Augustin Rouart créa une œuvre originale influencée par les nabis notamment Maurice Denis. Qualifiée de « réalisme magique », sa peinture en marge des courants picturaux du XXe siècle mêle force des couleurs, simplicité des compositions et quiétude des sujets.

J'ai été surprise par les œuvres présentées, puis séduite par la douceur et la sérénité qui en émanaient.

Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique
Rouart, de l'impressionnisme au réalisme magique

De même que mon amie A., qui m'accompagnait dans cette visite, j'ai été très touchée par la douceur de ces portraits d'enfants, tout particulièrement par l'étude des enfants endormis, que l'on aperçoit également dans la vidéo ci-après.

A l'issue de la visite, je n'ai pu résister à l'appel du "beau livre" témoin de cette exposition, mais plutôt que de retenir le catalogue de l'exposition, j'ai choisi le livre de Jean-Marie Rouart "une famille dans l’impressionnisme" chez Galimard.

Laissons donc la parole au fils pour évoquer Augustin, son père : "Encore aujourd'hui, quand je pense à lui, son comportement m'émeut comme celui d'un enfant : une naïveté désarmée, l'ignorance du mal, la croyance enracinée dans un bien et un beau qui guideraient le monde..."

J'évoquerai dans un prochain article notre visite du musée rénové, et notre balade le long de l'Aven...

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