Ce devait être notre baptême de téléphérique urbain ; hélas, à notre arrivée, il était de nouveau en panne. Nous avons tout de même profité de la présence de Papa, pour lui faire découvrir les aménagements du bas de la rue de Siam.

Puis nous avons pris le pont de Recouvrance pour aller voir de plus près Jean Quéméneur et Fanny de Laninon.

De l'autre côté de la Penfeld

A l'ombre de la silhouette massive et protectrice de la tour Tanguy, nous avons découvert les nouveaux aménagements du square Pierre Péron, transformé en un amphithéâtre dominant le port militaire. 

Jean Quéméneur se dresse, perché sur le parapet dominant la Penfeld, retenu par la chemise par Fanny de Laninon.  Ces statues ont été offertes par l'association des Amis de Recouvrance à la ville de Brest.

Jérôme Durand, l’artiste sculpteur, installé à Brest depuis trente ans, a ajouté, de sa propre initiative, Fanny de Laninon à la composition afin d’avoir « deux personnages en situation plutôt qu’une simple statue un peu figée".

De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld
De l'autre côté de la Penfeld

Les chansons consacrées à Fanny de Laninon et à Jean Quéméneur sont si ancrées dans la culture brestoise qu’on les croit folkloriques : de fait, elles le sont dans la mesure où les Brestois, notamment à Recouvrance, les ont adoptées, mais leurs auteurs ne sont pas des oubliés de l’Histoire.

La complainte de Jean Quéméneur doit tout à Henri Ansquer (1885-1961) qui, entre 1900 et 1910, ancra clairement dans le Recouvrance de son temps les mésaventures de son héros : grâce aux indications de la chanson, il est aisé de retracer la trajectoire de ce personnage malchanceux, très tôt orphelin, délaissé par une “drôlesse” infidèle avant de sombrer dans la boisson et de finalement tomber à l’eau.

C’est justement à Mac Orlan que revient la paternité de Fanny de Laninon, enregistrée pour la première fois par Laure Diana en 1950.

Comme le dit Philippe Blondeau dans les Cahiers de l’Iroise, la chanson « évoque, en un raccourci éloquent, le Brest du début du siècle et ce qu’il en reste après la Seconde Guerre », à travers, entre autres, l’image de la belle fille « morte dans son bistrot ».

S’il est donc peu probable qu’ils aient réellement existé, ces deux personnages sont devenus les noms voire les visages mythiques de deux épisodes-clés de l’histoire de Brest, l’avant-guerre pour Jean et la destruction de la ville pour Fanny. 

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