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Une Vie de Setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Demain, allons apprivoiser la mégère....

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Demain, allons apprivoiser la mégère....
Demain, allons apprivoiser la mégère....
Demain, allons apprivoiser la mégère....

 

Adapté de la pièce de Shakespeare ce ballet a été créé en juillet 2014 par J.C. Maillot pour le Bolshoï sur une musique de Chostakovitch.

Un petit rappel de l'argument de la pièce :

Il s’agit d’une farce, puisque le caractère rebelle de la Catharina, que son père voudrait marier avant la fille cadette, lance le débat de la guerre des sexes. L’action se déroule en Italie, plus précisément à Padoue. Baptista, le papa de l’indomptable Catharina, est déterminé et éconduit les prétendants de la plus jeune pour mettre au défi les hommes : « avoir un mari pour l’aînée » et « la mettre en ménage ». Celle qui refuse de se voir imposer un mari se comporte avec emportement, elle donne libre cours à son ressentiment à l’encontre de la gent masculine.

Dès l’acte I, on la découvre sous l’apparence d’une harpie domestique, qui récrimine contre son père, mais aussi contre sa sœur qui fait la coquette et se conforme aux attentes masculines. Elle n’épargne personne et semble l’incarnation d’une furieuse envie d’en découdre avec le monde entier. Figure de l’excès, s’il en est ! elle est immédiatement perçue comme ridicule en raison de ses traits caricaturaux et de son incapacité à dialoguer sereinement, mais elle exprime aussi des idées sensées. C’est un personnage paradoxal : à la fois désigné comme méritant une leçon (il faut lui trouver un maître, capable de l’amadouer et de réussir à canaliser son énergie destructrice), ce protagoniste pittoresque se fait le porte-parole des femmes. Sa première réplique est cinglante : « Voulez-vous donc me prostituer à ces épouseurs ? », demande-t-elle froidement à son paternel. Catharina ne peut souffrir qu’on la monnayât telle une bête de foire, il est question de dot et de marchandage, elle est au cœur d’une transaction qui la révolte, ce que l’on peut comprendre... Mais elle souffre d’un orgueil boursouflé, cette jeune femme irascible. Sa colère éclate régulièrement en tempétueux éclats domestiques, elle n’a de cesse d’humilier les autres et de les brocarder en lançant des flèches sarcastiques qui font mouche. Sa réputation de fille insupportable et altière fait fuir les prétendants qui ont peur de cette « folle » ou fille « étonnamment revêche ». Pourtant nombre de jeunes gens aspirent à demander la main de Bianca, la jeune sœur, ils savent quel obstacle constitue Catharina et ne peuvent le contourner. Très vite le public apprend donc la nécessité de trouver un parti pour la « mégère » ! Il y va du repos du père, mais aussi du bonheur de la jeune Bianca et de la satisfaction de son futur mari. Les soupirants de la cadette seront donc prêts à payer le prix fort pour trouver l’homme de la situation, qui acceptera d’épouser l’aînée. Leurs désirs se concrétisent dès la deuxième scène lorsque survient Petruchio, à court d’argent, bon vivant prêt à se marier contre rétribution. On lui brosse le portrait de la célèbre Catharina, « intolérablement bourrue, acariâtre et entêtée »… Le caractère revêche et hargneux de la jeune femme a l’art de stimuler le désir de notre homme : il a hâte de convoler en justes noces, à la fois pour entrer en possession d’une petite fortune et pour mater la fougueuse personnalité de la promise. Shakespeare imagine un personnage bon vivant, porté sur tous les plaisirs et fanfaron. Les réparties de Petruchio sont d’une verve savoureuse et préparent le public à une rencontre éclatante.

 

Tout d'abord une petite vidéo où J.C. Maillot, Directeur des ballets de Monte Carlo, présente sa création.

La critique proposée sur le blog Dansomanie par Bénédicte Jarasse nous laisse entrevoir une après-midi extraordinaire, demain, au Liberté.

Il faut dire que le chorégraphe a eu l’intelligence de faire un montage de compositions de Dimitri Chostakovitch  –notamment des passages de la comédie musicale Moscou-Tcheromiouchki, de la musique d’Hamlet, des morceaux de la suite du Taon, des extraits de symphonie et même la « Leningrad » morceau d’anthologie russo-soviétique, et pour finir Tahiti Trot (un arrangement de Tea for two) – qui exalte le ballet.

Quant à Agnès Izrine elle commente ainsi le ballet : 

"Jean-Christophe Maillot chorégraphie avec malice le rapport de Catharina (la Mégère) et Bianca (sa sœur) et des hommes qui leur tournent autour, à commencer par leur père, et les nombreux prétendants que les filles et leur dot attirent. C’est une vraie ronde où paraissent vieux beaux et jeunes coqs, garçons un peu timides et fiers-à-bras, bref, toute la panoplie des mâles en piste pour la parade nuptiale. Jusqu’à l’arrivée d’une sorte d’ours, dans un manteau de boyard à plumes : le sulfureux Petruchio. Sensuelle et sinueuse avec ses courbes qui s’infléchissent et finalement s’abandonnent, Maillot a savamment écrit le rôle d’une femme fatale, et su inventer un « mauvais garçon » à la hauteur. Autour d’eux, les rôles secondaires et le corps de ballet rendent crédible le drame signé Shakespeare. L’expressivité est au rendez-vous, avec une puissance émotionnelle rare".

Pour vous en donner un avant-goût, quelques petits extraits vidéos : Un premier extrait où Catherina commente la scène dans laquelle on lui présente des prétendants tous plus stupides les uns que les autres,

puis un second où apparaît Petruchio,

 et un dernier avec Bianca et Luciento.

Gageons que les spectateurs seront nombreux demain, tant le ballet, à Brest, attire toujours davantage d'amateurs que l'opéra...

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