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Une Vie de Setter

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Akhnaten, l'opéra de Philipp Glass

Le 23 novembre prochain, le NY Met opera nous invite à l'une de ses créations, l'opéra intense et envoûtant de Philip Glass, encore inédit sur la scène new-yorkaise, avec des chorégraphies acrobatiques parfaitement calées sur la partition. Autre première, celle de la talentueuse cheffe d'orchestre Karen Kamensek qui officie pour la première fois au Met.

Philip Glass – qui a touché à toutes les musiques (pop, musique de film, rock, musique électronique) – doit faire la carrière la plus réussie de tous les compositeurs américains. Son ouvrage lyrique Akhnaten – créé à Stuttgart en 1984 - constitue la troisième partie d'une trilogie dédiée aux personnalités qui, selon Glass, ont changé le cours de l'Histoire, et dont les deux premières étaient Einstein on the Beach (dont la production originale a été reprise avec un formidable succès au Théâtre du Châtelet en 2013) et Satyagraha. Mais peut-on appeler Akhnaten un opéra ? C'est une fresque musicale qui comprend relativement peu de chant solo, se composant plutôt de morceaux orchestraux et d'instants mimés, avec parfois un dialogue parlé, dans la langue vernaculaire du public

Akhnaten, l'opéra de Philipp Glass

La trame de l'opéra est le destin du pharaon Aménophis IV qui, sous le nom d'Akhenaton, imposa le culte d'un dieu unique, Aton, dont il se disait le fils, de même que, renonçant à la polygamie, il se contenta de la belle Néfertiti. Peut-être la réalité historique est-elle plus compliquée, car les liens étroits (charnels ?) du Pharaon avec sa mère, la Reine Tye, voire avec ses filles, la forte personnalité de Néfertiti, plus attachée que lui à la l'avènement du culte d'Aton et, peut-être, le complexe de castration de ce souverain aux représentations efféminées, sont autant d'énigmes. Plus que le monothéisme, c'est, semble t-il, la mise à l'écart des trop puissants prêtres d'Amon, qui intéressait le souverain. En tant que premier monothéiste de l'univers, Akhenaton reste en tout cas un réformateur important de l'histoire ; Freud suggéra même que Moïse était l'un de ses disciples...

Comme le découpage du livret opère un choix orienté dans les sources historiques - funérailles d'Aménophis III, couronnement d'Akhenaton, fondation de la Ville sainte, vie de famille, chute du monarque qui a négligé d'envoyer des renforts à ses troupes, visite guidée des ruines au XXe siècle : tout cela dûment commenté par le Scribe ; le spectateur se laisse guider par la progression chronologique.

Qui est Philip Glass ? 
Philip Glass, qui est aussi violoniste, flûtiste et pianiste, étudie la musique à la Juilliard School où il côtoie Steve Reich. Élève aux États-Unis de Darius Milhaud, il complète sa formation avec Nadia Boulanger en France en 1963. Engagé pour transcrire des improvisations de Ravi Shankar pour la musique du film Chappaqua, il découvre les structures répétitives puis voyage en Inde. De retour à New York en 1967, il fonde le Philip Glass Ensemble et compose dans un style minimaliste répétitif pour des effectifs de chambre. Enstein on the beach (1976), en lui apportant une soudaine célébrité, marque un tournant dans sa carrière et le début d'une production d'opéras et d'œuvres orchestrales. Philip Glass est également compositeur de musique de film.

Philip Glass a choisi d'écrire le rôle-titre pour la voix de contre-ténor. Son écriture extrêmement personnelle s'efforce de combiner les sons et tonalités de la musique occidentale avec la technique de la musique indienne. On l'a décrite souvent par les termes de « minimaliste » voire de « simpliste ». Ce sont en tout cas de larges motifs répétés très longuement. Un grand orchestre traditionnel privé de ses violons donne à la musique ses sombres couleurs. Les soli instrumentaux ont beaucoup d'expression ; Glass les confie surtout aux flûtes, trombones et trompettes. A cela s'ajoute un usage discret du synthétiseur électronique.

L' « Hymne à Aton » chanté par Akhenaton, son duo avec Néfertiti, et le trio final avec la Reine Tye sont des moments de pur lyrisme, pas si éloignés finalement, pour cette raréfaction de la matière sonore, du belcanto bellinien ; d'ailleurs, l'air du Grand Prêtre d'Amon et des chœurs se souviennent peut-être de Norma...

 

Sources : Operaonline

Un autre site à consulter pour en savoir plus sur Ph. Glass : le site de l'IRCAM qui propose outre les biographies, des analyses de l'oeuvre et une multitude de références...

Akhnaten, l'opéra de Philipp Glass

Et maintenant place à quelques extraits vidéo, en débutant par une interview du contre-ténor Anthony Roth Costanzo, (qui a tellement impressionné mon amie V. lors de la diffusion de la bande annonce)

Phelim McDermott nous présente l'oeuvre et comment il a imaginé sa mise en scène...

Prêts pour un coup d'oeil dans les coulisses de la répétition d'Akhnaten ?

Écoutons le prélude à Akhnaten...

Enfin la bande annonce mise en ligne par le NY Met opera nous laisse imaginer ce que sera cette représentation, sans doute le clou de la saison 2019-2020...

En attendant le 23 novembre prochain, date de diffusion de l'opéra, en HD live en direct du Met,  pourquoi ne pas relire ici, la vraie histoire d'Akhenaton.

 

PS : Ce fut une soirée mémorable. A côté de nous, une jeune femme a passé la soirée à photographier les différents tableaux....Et les applaudissements ont retenti aussi dans la salle à Brest à l'issue de la représentation. Ici vous pouvez en lire le compte rendu par le NY Times.

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