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Une Vie de Setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Des nouvelles de mon Tsundoku - mars 2020

Mon Tsundoku descend doucement, circonstances extraordinaires obligent...

Je vous ai parlé de mon amour, tout beau, tout neuf, pour la littérature italienne Après Montedidio, j'ai profité de mon passage aux Capucins pour m'inscrire à la médiathèque et ainsi pouvoir profiter de l'offre numérique qui correspond à mes besoins.

J'ai emprunté "Le plus et le moins", un récit autobiographique et poétique d'Erri De Luca. Je vous laisse lire ici une critique qui vous dira mieux (que moi), pourquoi je suis devenue une inconditionnelle de cet auteur.

Des nouvelles de mon Tsundoku - mars 2020

Je vous propose plutôt un extrait du chapitre "qui porte qui ?" qu'il a consacré à son amour de la lecture, de son rapport aux livres....

"Recevoir d'un livre est une action aussi active que celle de l'écrire.

En tant que lecteur, je sais que c'est à moi d'apporter les dernières finitions à ce que je lis, en l'associant à mon existence. Le livre pour moi n'est pas une oeuvre achevée, mais un produit semi-fini. Et pour le finir, le temps de loisir d'un lecteur lui est nécessaire. Le rapport entre eux répond à la question : qui porte qui ? La réponse doit être que le livre porte le lecteur. Dans l'autobus de retour, entre les hommes debout après huit heures passées debout, le livre devait me faire oublier le poids du corps et du temps de travail....J'ai appris que les livres ont un sort meilleur que celui qui les écrit. Ils sont serrés dans les bras, emportés en voyage, sur une île du Sud ou dans une tente en montagne, fixés avec intensité par deux yeux qui feraient aussitôt baisser les mieux....Mes pages, elles, ont de la chance dans les mains de la femme assise. J'ai eu aussitôt envie d'en écrire une pour l'ajouter à la fin de son livre. Les mots que j'ai écrits ne sont plus à moi. Ils sont devenus les siens. Elle les a voulus, en piochant justement ceux-là dans le grand bazar des livres....Et maintenant, ils sont là : sur ses genoux, feuilletés par la douceur d'une caresse, ses cheveux tombant en cascade. Prises et tenues ainsi, ces pages sont plus à elle maintenant que lorsqu'elles étaient miennes auparavant."

Ces mots ne résonnent-ils pas en vous ? Quel est votre rapport au livre ? Mes parents et grands-parents m'offraient des livres à chaque anniversaire ou fête, mais ce sont surtout les rayons bien garnis de la bibliothèque de Rennes qui ont pu (un peu) étancher ma soif de lecture.

Il m'est toujours très difficile de me séparer d'un livre. Et quand, comme dans ce cas, je suis emportée par un ouvrage emprunté, je finis par en acheter une version papier (autrefois) ou une version électronique (aujourd'hui).

Pour vider les étagères de ma bibliothèque, j'ai, il y a quelques années, offert 75 % de ma bibliothèque à Emmaüs (les livres, s'empilant sur trois épaisseurs, étaient devenu mon cauchemar). Pour certains ce fut très difficile, voire impossible, en fait je n'ai pu me séparer que de ceux dont j'étais certaine de retrouver une version numérique....

 

Des nouvelles de mon Tsundoku - mars 2020

Ayant dû me déplacer aux Capucins pour m'inscrire, je n'ai pu résister au plaisir de parcourir rapidement les rayons de cette si belle médiathèque. Bien sûr, c'est le rayon "littérature en VO" qui m'a attirée en premier. Et je n'ai pu repartir sans avoir emprunté "Le parole de Sara", toujours de Maurizio de Giovanni, mais avec une enquêtrice féminine, cette fois-ci.

Je ne crois pas qu'il soit déjà publié en français.  Ses pages ont enchanté mes insomnies. Peut-être pas la lecture à conseiller entre deux heures et quatre heures du matin, quand les idées noires s'insinuent malgré vous dans votre tête... Ci-dessous l'extrait d'une lettre d'adieu, rédigée par un homme malade, se sachant condamné, à la femme qu'il aime :

"Poi c'é quest'inconscienza sintetica, indotta dai farmaci che tanto desidero quando soffro et tanto detesto quando mi portano via.

E anche peggio, amore mio. Nello strazio almeno posso vederti, e sentire la tua mano quando mi accarezzi la fronte pensando che io mi sia addormentato, e invece sto solo combattendo la mia guerra già persa. Nel sonno, invece, c'è solo tenebra, e silenzio, e crescono le preoccupazioni per il futuro in cui non ci saro, insieme alla paura della morte. 

Si, ho paura, amore mio. Ho paura. Vorrei, forse dovrei, mentirti, per non aumentare il tuo tormento. per non procurarti altra pena, oltre quella che arriverà tra non molto, quando il mondo sarà senza di me et ti sembrerà senza colori. Ma non avrebbe senso ingannare proprio te, che conosci le verità di tutti et ancora di più la mia, perché siamo una persona sola.

Ho paura di morire.

Immagino il nulla, la disgregazione, la fine. Mai più odori e sapori, mai più il calore del sole o il profumo del mare. Mai più la tua pelle dolce e salata. Mai più niente.

...Perché ti dico questo, amore mio infinito e bellissimo ? Perché..Dio, dammi la forza, dammi solo un attimo.. Perché quel giorno scoprirai...e sentirai que muoiono gli uomini, ma non l'amore. L'amore no. Stringimi, Sara. Ho freddo, Tanto freddo.

Ed è cosi buio"...

Même si vous ne lisez pas l'italien dans le texte, vous ne pourrez qu'être saisi par la beauté de cette lettre d'adieu...(On se croirait dans un opéra italien à...la scène finale ou le héros met trois heures à mourir dans les bras de sa belle..., Je dois l'avouer, je suis sous l'influence du Trouvère diffusé dans mon casque depuis la plate-forme du NY Met pendant que je rédige ce post, le plaisir de revoir cet opéra diffusé il y a quelques années au Liberté crying)...

Alors papier ou ebook ? Pour moi, le choix est fait depuis longtemps. Je peux emprunter et retourner mon livre électronique depuis mon canapé, offrant une rotation plus rapide des ouvrages disponibles aux adhérents de la médiathèque, en cette période de confinement imposée. Pour la version papier, que j'ai pu emprunter dès le départ pour deux mois (le second ouvrage est en russe, et j'espère qu'il sera terminé dans le temps autorisé), il faudra attendre le lever du confinement pour remettre ces deux livres en circulation.

Le seul bémol à l'emprunt numérique, est l'absence de fonds en VO à la médiathèque. Confrontée à une politique défavorable au prêt de la part des maisons d'édition étrangères, la médiathèque préfère se constituer un fonds en français, incluant la littérature étrangère traduite ; seul les éditeurs français ayant compris comment gérer commercialement DRM et prêt en médiathèque..

Alors, malheureusement, c'est encore vers le géant jaune que je continuerai à me tourner pour lire un ebook en vo avant que ma tablette ne crie grâce !

 

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