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Une Vie de Setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Viva Latina

Viva Latina

C'est le titre de la 17e édition de l'exposition photographique à la Gacilly cette année. Exposition plus resserrée cette année avec 19 galeries à ciel ouvert, covid oblige. Des conditions de visite adaptées, masque obligatoire et centre ville fermé à la circulation pour compenser les nouvelles normes imposées aux restaurateurs...

En fait, la visite cette année a été plus agréable que les années passées : beaucoup moins de monde, surtout le matin de bonne heure, des visiteurs respectant les distances de sécurité, permettant ainsi un meilleur accès aux oeuvres et aux légendes.

Beaucoup moins de visiteurs cette année : presque seule aux premières heures de la journée...
Beaucoup moins de visiteurs cette année : presque seule aux premières heures de la journée...
Beaucoup moins de visiteurs cette année : presque seule aux premières heures de la journée...

Beaucoup moins de visiteurs cette année : presque seule aux premières heures de la journée...

Mon circuit débute toujours à l'envers, puisque j'ai l'habitude de laisser à voiture à proximité du "garage", lieu dans lequel est exposée la dernière partie de l'exposition. J'aime ce lieu, ces murs usés, qui mettent en valeur les accrochages.

Premier coup de poing avec ce reportage (de Sébastien Leban) consacré à l'urgence climatique aux états-unis sur l'île de Tangier à 160 km de Washington D.C. Alors que leur terre s'enfonce peu à peu dans l'océan, les habitants climatosceptiques convaincus, refusent cette réalité. Pourtant l'érosion s'accélère engloutissant jusqu'à mètres de côtes par an. A ce rythme, l'île pourrait disparaître d'ici 30 ans. Face au manque de perspectives d'avanir les jeunes désertent l'île, fuyant des conditions de vie difficiles. Républicains et chrétiens convaincus, les insulaires soutiennent la politique du gouvernement actuel et refusent l'urgence d'un changement tourné vers l'écologie, au risque de devenir réfugiés climatiques.

Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.
Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.
Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.
Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.
Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.
Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.

Photos de Sébastien Leban - Tangier l'île perdue.

Toujours dans la catégorie Biodiversité, le travail de Nadia Shira Cohen avec son exposition "le miel des dieux". Pendant des siècles, les abeilles ont fait de la péninsule du Yutacan la première région productrice de miel au monde. Mais en 2011, le gouvernement mexicain a commencé à offrir des subventions pour permettre aux fermiers d'utiliser des OGM afin d'augmenter fortement la production de soja. La plupart des fermiers ayant saisi cette occasion venaient des communautés chrétiennes mennonites, disposant de moyens financiers suffisant pour acquérir de larges parcelles de terrain et toute la machinerie nécessaire.

En conséquence de cette cohabitation, depuis plusieurs années, les ruches des abeilles mélipones disparaissent ou bien sont contaminées par les pesticides utilisés à foison par les agriculteurs. Et le miel qui est encore produit perd son label "bio" sur les marchés internationaux.

Viva Latina
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Un travail plus ancien (1986), que le photographe Sebastiao Salgado a exhumé à l'occasion d'un repos forcé.

"La première fois que je vis la mine de Serra Pelada, je restai sans voix. Devant moi s'ouvrait une immense fosse de presque deux cents mètres de diamètre pour une profondeur identique, où grouillaient des dizaines de milliers d'hommes à peine vêtus, dont la moitié montait de lourds sacs de terre sur de fragiles échelles en bois, les autres dévalant les pentes boueuses pour rejoindre le gouffre. Ils cherchaient de l'or". Un spectacle dantesque que le photographe brésilien découvre en septembre 1986 quand il reçoit l'autorisation de pénétrer dans cet enfer à ciel ouvert au coeur de l'état du Para.

"je m'étais organisé pour vivre avec les mineurs le temps qu'il fallait. J'y suis resté 35 jours, à dormir sous une bâche en plein air, dans un hamac, avec des vivres et de l'eau que j'avais rapportés de la ville". Les conditions sont terribles, les accidents quotidiens, mais il en ressort des images d'une effrayante beauté, celles de ces colonnes de fourmis humaines fouillant la terre, de ces amas de corps et de matière, ou encore des regards fous de ces malheureux, les pieds nus dans des ruisseaux d'immondices et de mercure...

Viva Latina
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Toujours du noir et blanc pour Emmanuel Honorato Vasquez. Issu d’une famille aisée, Emmanuel Honorato Vázquez est rebelle, iconoclaste et anticlérical, bohême et épicurien. Mort prématurément, en 1924, cet écrivain et photographe résolument moderne, aura marqué sans le savoir l’histoire de son pays. Grâce au travail acharné d’un archiviste, Patricio Tipan Lucero, et au concours du gouvernement de la municipalité de Quito, un livre rassemblant ses images a pu voir le jour en 2018.

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Mais Viva Latina, c'est aussi, heureusement, la couleur, la lumière, la chaleur...avec le travail de Marcos Lopez "Pop Latino", dont les images ne sont pas sans  invoquer les codes d'Andy Warhol. Connu pour sa série "Pop latino", ses photos se composent comme des tableaux où s'entrechoquent pop culture, culture américaine et clichés (dans tous les sens du terme) de l'Amérique Latine. Il illustre ainsi sa conception originale et surréaliste du monde qui l'entoure ; une critique amusée et cinglante de notre société de consommation et de notre époque moderne.

Viva Latina
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J'ai aussi beaucoup aimé le travail de Tomas Munita nous racontant le travail des cow-boys de Patagonie.

Le photographe s’est embarqué aux côtés d’une troupe de gauchos, ces cow-boys du Chili en quête de bétail, dans leur traque des bagualeros, du nom des taureaux qu’ils partent chercher dans les steppes et les montagnes de Sutherland, au sud du pays. Accompagné d’une vingtaine de chevaux et d’autant de chiens, dans le vent des plaines et le froid de la Terre de Feu, Munita a documenté le style de vie ancestral de ces familles. Pour maîtriser ces animaux, originairement domestiques, retournés à l’état sauvage, les gauchos refusent d’utiliser les moyens modernes et risquent leur vie en les affrontant au corps à corps. Des images qui semblent venir d’une autre époque, comme des réminiscences d’un monde sauvage de plus en plus étouffé par la globalisation et l’agriculture de masse.

Viva Latina
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Impression mitigée devant la présentation de Pablo Corral Vega accompagné des textes de Mario Vargas Llosa qui utilise chaque photographie pour allumer l'étincelle d'une méditation poétique. Il s'agit, parfois, d'un souvenir personnel, d'autres fois, c'est un pur envol de son imagination mais il s'agit toujours d'une véritable révélation de l'esprit andin, des femmes et des hommes qui habitent ces côtes sauvages, ces hauts plateaux...

J'ai apprécié bien sur les photos et me suis délectée à lire les textes les accompagnant. Je n'ai pas compris pourquoi, ils n'avaient pas été présentés aussi dans leur langue d'origine...même la meilleure traduction du monde ne peut rendre la beauté de cette langue... dommage !

Viva Latina
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C'est au travail de Luisa Dörr avec les "flying Cholitas" et les "fallejas" que le Festival a donné la place d'honneur... Ce n'est certainement pas l'artiste que j'aurais choisie, trop dans l'air du temps à mon goût, mais financer un festival gratuit doit certainement impliquer des choix "politiquement corrects"....

Il faut sans doute faire des concessions et ces grands formats ne sont pas forcément adaptés à toutes les oeuvres....Alors pour conclure, les images que vous aurez vues partout, car elles sont tout de même de qualité, même si ce ne sont pas mes préférées.

Viva Latina
Viva Latina

En conclusion :

  • Une exposition toujours aussi intéressante, sachant se renouveler chaque année.
  • La nouveauté qui, je l'espère, sera conservée pour l'année à venir : le centre ville piéton, si plaisant...

Allez-y, le matin, il y a encore moins de monde....et même si tout le monde porte son masque, la visite au calme est beaucoup plus agréable. L'expo est en place jusqu'à fin octobre. N'oubliez pas de passer à la librairie éphémère, toujours aussi bien achalandée.

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