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Une Vie de Setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Princesse Ckéva en son château de Keriolet

 

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Si les chiens de pierre gardent le château pour l'éternité, le petit chaton noir du haut de la tour de guet repéra très vite Princesse Ckéva et sut intercéder auprès des gentilles demoiselles de l'accueil pour qu'elles autorisent la miss à pénétrer dans l'enceinte du château.

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Ce fut une première pour Ckéva qui fit preuve de  patience  (grâce aux leçons du club canin) et nous accompagna dans cette visite du château de Keriolet organisée à l'invitation d'Annick. Une heure et quart environ pour faire le tour des différentes salles et écouter les explications très complètes de la petite guide qui maîtrisait aussi bien le français que l'anglais.

C'est en lisant un blog passionnant consacré à la Russie, que j'ai découvert l'existence de ce château situé sur les hauteurs de Concarneau. Son histoire mouvementée liée à la famille Youssoupov a bien sûr retenu toute mon attention. Ci-après de larges extraits des articles de ce blog consacrés à Keriolet :

"En 1855, veuve, Zénaïde Youssoupov quitte la Russie et s'installe en France, dans un splendide hôtel particulier à Boulogne, près de Paris. C'est lors d'un bal donné au palais de l'Elysée par la princesse Mathilde Bonaparte qu'elle aurait fait la connaissance d'un jeune officier, Charles Chauveau. Zénaïde décide de l'épouser malgré une grande différence d'âge. Charles est d'origine roturière et Zénaïde lui fait attribuer les titres de comte de Chauveau et de marquis de Serres."

La nouvelle position sociale du comte lui permet alors d'ambitionner une carrière politique. Un siège de conseiller général se libère à Concarneau, dans le Sud-Finistère. Afin de pouvoir se présenter aux élections, le jeune candidat doit acquérir une résidence dans la circonscription qu'il convoite. Il recherche donc une propriété, est élu en 1860 et achète personnellement, en 1862, le domaine de Kériolet, en Beuzec-Conq (la commune ne sera rattachée à Concarneau qu'en 1945). Remontant au XVe siècle, le manoir, bâtisse relativement modeste, est une ancienne propriété des Kéryollet, des Trédern, des Kersalaun.

Le « nouveau » château de Kériolet se réfère au Château de Blois (statue équestre en bas-relief de Louis XII sur la façade), au château de Rustéphan (tourelle-escalier), au prieuré de Locamand (portail d'entrée). Sur l'aile sud, on peut voir, sculptées, les couronnes de comte et de marquis, des fleurs de lys, des hermines de Bretagne, des étoiles d'inspiration russe, des coquilles Saint-Jacques, les lettres A (pour Anne de Bretagne et L (pour Louis XII) accolées. Les lucarnes à pignon, la balustrade du corps de logis, rappellent celles du Château de Josselin chef-d'œuvre du gothique flamboyant. 

D’architecture néo-gothique, ce joyau du XIXème a abrité les destins atypiques de la princesse impériale russe, tante du Tsar Nicolas II, Zénaïde Narischkine Youssoupoff et de son mari le comte Charles de Chauveau.

"Au décès du Comte de Chauveau, la princesse Zénaïde Ivanovna Youssoupov, comtesse de Chauveau en secondes noces, fait donation de Keriolet au département du Finistère. Un comité de surveillance et un conservateur sont nommés. Un administrateur résidant sur le domaine est chargé de toutes les tâches de surveillance et d'administration. Par précaution, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les collections sont envoyées au château de la Lorie dans le Maine-et-Loire et Keriolet traverse le conflit sans trop de dégâts.

Le prince Félix Youssoupov ne pensait plus au château breton de son arrière-grand-mère Zénaïde Ivanovna. L'affaire de la donation lui est remise en mémoire par la découverte, parmi les papiers de sa mère, d'une enveloppe au nom de l'avocat qui avait été chargé d'étudier la question. ........

En 1948, Félix Youssoupov mandate tout de même un expert pour vérifier l'état du château et les conditions de la donation faite par son aïeule. L'expert met en lumière la violation de plusieurs clauses: coupes d'arbres illégales, vente du mobilier domestique, transfert de l'autel original de Keriolet à l'église de Névez, transfert de tapisseries flamandes au musée de Quimper, vente de parcelles, installation d'un hôpital dans le château en 1944, création et location de jardins ouvriers dans le parc, organisation de kermesses...

Félix Youssoupov s'estime donc en droit de réclamer l'héritage de son aïeule pour l'inexécution des charges et conditions imposées par la donation.....

 En 1954, Félix Youssoupov fait appel du jugement devant une instance supérieure, la première chambre civile de la cour d'appel de Rennes. .....En juillet 1958, les experts nommés par la Cour d'appel de Rennes estiment à 25 millions le préjudice imputable au Conseil général à Keriolet, cette somme devant être versée au prince Félix Youssoupov.

A peine Félix Youssoupov est-il entré en possession de son héritage qu'il s'empresse de le vendre pour rembourser ses créanciers. Il vide progressivement le château de son contenu, les meubles et les collections sont dispersés. Après le contenu, Félix décide de vendre le domaine. Il le propose au Conseil municipal de Concarneau et tente de le convaincre en offrant l'imposante margelle du puits de Keriolet. Le Conseil municipal accepte le cadeau (on peut voir le puits dans la Ville Close) mais n'achète pas le château. En mai 1960, le prince lotit et vend les terrains alentours. Le château est vendu en 1960. Sur les 43 hectares récupérés par Félix Youssoupov, il ne subsiste aujourd'hui que 2,5 hectares.

Le nouveau propriétaire de Keriolet est un hôtelier de Concarneau. Il renonce à son projet de transformer le château en hôtel, mais le pillage commence, dans la légalité puisque Keriolet ne bénéficie pas encore de la protection liée au statut de monument historique. Dans le jardin à l'abandon, les rares objets ayant échappé aux ventes de Félix Youssoupov sont pillés.
En 1971, ne pouvant rien faire de Keriolet, l'hôtelier concarnois décide d'en tirer quelques profits en démantelant la chapelle du château, située à l'extrémité orientale de la façade sud. Les vitraux sont vendus à des particuliers. La chapelle est démontée pierre par pierre. Elles serviront à la construction d'une maison particulière dans le centre de Concarneau......
Le bâtiment est de nouveau laissé au gré des vents jusqu'en 1987. Entre-temps, une procédure a été lancée pour le classement de Keriolet. Plusieurs parties du château sont inscrites à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques: façade sud, toitures, salle des Gardes avec sa cheminée et ses vitraux.


1987, une année noire pour Keriolet

Le 16 octobre, une violente tempête s'abat sur l'ouest de la France. La Bretagne est particulièrement touchée. Privé d'entretien véritable depuis des décennies, situé sur les hauteurs de Concarneau, Keriolet subit la tempête de plein fouet. Les arbres du parc sont à terre, les vitres et les vitraux brisés. Le toit est arraché, les charpentes endommagées. Durant les mois qui suivent, l'insuffisance de couverture provisoire sur les toits provoque de graves infiltrations d'eau.
Quelques semaines après la catastrophe, Keriolet reçoit la visite d'un jeune financier parisien, Christophe Lévêque. Il fait acquisition du château sur un coup de coeur, avec l'intention de le sauver du naufrage. Les travaux continuent de nos jours.
C'est en s'aidant de l'aide précieuse fournie par les nombreuses cartes postales éditées à l'époque où le chateau devient un musée breton, que le nouveau propriétaire peut recréer une décoration proche de celle existant à l'époque du Comte et de la Comtesse de Chauveau. L'ensemble des meubles ayant soit été volés ou vendus, les pièces sont remeublées grâce à des dons ou des achats du nouveau propriétaire.

 

Aujourd'hui, les salles suivantes sont ouvertes  à la visite :

 

La salle des Gardes
La salle des Gardes était la salle de bal où la princesse organisait de grandes réceptions. La cheminée (classée) est en pierre de Kersanton, un granit volcanique au grain très fin qui se prête volontiers à la sculpture. Au dessus de la cheminée trône un chevalier représentant le comte et derrière lui son arbre généalogique qui le relie à la fine fleur de l’aristocratie française. Sur les murs exposés au nord, quatre vitraux représentent le comte dans différentes situations.


La salle d’armes
Cette salle a été entièrement restauré dans un style médiéval. Elle porte bien son nom car les armes y étaient entreposées. Un banc d’église du XVIème siècle y a trouvé toute sa place.

Le salon
Le salon était la pièce préférée de la princesse car plein sud donc facile à chauffer. Elle y entreposait toutes ses merveilleuses collections: porcelaines de Chine, tapisseries, faïences, terres cuites… Cette pièce, elle aussi restaurée, retrouve tout ses fastes d’antan.

La salle à manger
La salle à manger, complètement restaurée, plafond à fleurs de lys et pattes d’hermine est actuellement meublée en salon chinois.

La cuisine
La cuisine a été miraculeusement épargnée par les pilleurs. Les murs sont couverts de faïence de Desvres, petite ville du nord de la France. Chaque carreau est peint à la main. C’était le lieu où l’on cuisinait dans le grand four, appelé potager ainsi que dans la cheminée et le petit four à pain.

La cour intérieure
La cour intérieure représente le caractère fantasque de la princesse Zenaïde par sa succession de style architecturaux. L’aile ouest est médiévale. Une partie de l’aile nord est Renaissance et du côté de la salle des Gardes, le néo-gothique éclectique prend toute son ampleur.

La crypte
la crypte est la chaufferie du château. Grâce à trois poêles, le château avait déjà à l’époque, un système de chauffage au sol. Les conduits passaient sous les planchers et l’air chaud par des grilles fixées au sol. Un système révolutionnaire pour l’époque qui permettait de bien vivre dans l’ensemble du château.

 

 

En illustration, une petite vidéo réalisée grâce aux nombreuses photos d'Annick.

 

 

 

 

 

  sources

 

 
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