Encore une belle découverte littéraire grâce à la blogosphère....

D'abord ce qu'en dit l'éditeur : Les Editions de l'Olivier

"Lorsque la narratrice arrive à Hollywood pour y effectuer une recherche biographique sur Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va bifurquer dans une direction très personnelle, réveillant le souvenir d'Henri, ce frère « différent » qui l'a accompagnée pendant toute son enfance. Quel rapport entre ce garçon dont le développement mental s'est interrompu, et le génie comique qui deviendra l'un des inventeurs du cinéma ?..."

Puis R. CZARNY dans sa critique parue dans le blog de l'Ecole des Lettres. Extraits :

"Un récit écrit en courtes phrases déclaratives. Jamais d’exclamatives, pas d’autre ponctuation que le point. La narratrice évite tout effet ; lesquels ne manquent pourtant pas, toujours estompés, enclos dans la phrase. Les instants d’émotion sont nombreux, les souffrances, les mots pour dire le chagrin ou la perte. Mais Florence Seyvos (on confondra l’auteur et la narratrice, sans doute identiques) n’aime pas le pathos, refuse tout apitoiement, preuve que le sujet n’est pas tout. On peut parler de handicapés, et Henri l’était, mais tout est dans l’écriture, ici sobre et intense......"

"Le livre fourmille d’anecdotes sur l’existence de Keaton. Enfant d’artistes, il sert d’abord de faire-valoir à son père. Il joue dans des « medicine shows », spectacles à visée commerciale. Il s’agit de vendre des produits et il fait le cobaye. Il reçoit des coups, manifeste une forme d’insolence qui lui en vaut davantage, mais c’est le scénario....."

"Keaton est un révélateur pour la narratrice. L’artiste incassable quand il était face à une caméra et qu’il imaginait les scénarios catastrophe les plus violents, avait été cassé par les hommes, voire par son père, dans cette comédie des débuts. Le père d’Henri aussi voulait casser son fils. Il ne cessait de répéter qu’il fallait casser les enfants. Il s’y consacrait donc, avec une sorte de bienveillance, toutefois, quand il lui imposait des exercices physiques rendus nécessaires par son état. Henri l’acceptait ; le lien entre son père et lui était d’une rare intensité, comme jamais la narratrice n’en a vu entre deux êtres....".

"Les liens entre les vies sont mystérieux, cachés, mais réels. Ils font la trame de ce livre qui passe d’une existence à l’autre, en montage « cut » : une séquence suit la précédente, sans vraie transition."

Mes impressions à l'issue de cette lecture : J'ai aimé le lien tissé entre ces deux vies si proches et si lointaines, cette délicatesse pour parler de cet enfant différent, de ses difficultés, de ses joies aussi. J'ai appris beaucoup sur la vie de Keaton. J'ai lu "le garçon incassable" d'une traite et ses personnages resteront longtemps dans ma mémoire.

Pour terminer une petite vidéo présentant la rencontre de l'auteur avec ses lecteurs lycéens.

Brève de lecture : le garçon incassable de Florence Seyvos
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