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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Deux poétesses, deux chiens, une même tendresse

Un chien peut parfois révéler une manière d'habiter le monde. Chez Anjela Duval comme chez Naïg Rosmor, leur compagnon à quatre pattes n'est jamais un simple animal familier : il devient le témoin silencieux d'une affection sans calcul, d'une fidélité sans faille et d'une présence qui éclaire le quotidien.

Deux poèmes, deux tempéraments, une même humanité.

Anjela Duval

Anjela Duval

Va c'hi Fido

A ! Va c’hi ! Doue ‘oar pegeit zo etrezomp
Zo ‘tre da Anien hag Ene da Vestrez
Eñ nemetañ a oar ha perak ha penaos
E vevez eus he sell, e varvez eus he marv
Ha dre peseurt truez ‘vit hor c’halon az ro
Da garout c’hoazh d’ar re n’int mui karet gant den
Rak-se loenig uvel kousket e-harz va zreid
Biskoazh gant ur ger rust ne boagnis da galon
‘N ur bellaat ouzh va dorn da deod karantezus
Met dalc’hmat, ya dalc’hmat ennout am eus doujet
Madelezh ar C’hrouer da Vestr ha va Hini.
Breudeur eo ‘n holl voudoù hag holl din a zoujañs
Pa vez, va c’hi Fido, da selloù war va re
Ar sioulded nemeti a veiz hon diviz mut
Pa rankan azezañ. Pa rankan pennglinañ
Da lagad ‘zigor trumm ; te ‘zilamm d’am c’hwesha
Te ‘lenn va ankenioù e don va daoulagad,
E roufennoù va zal, te ‘lenn va nec’hamant
Evit va diduiñ ha klask louzoù d’am doan
Te ‘grog dousik em dorn, dousik hep ober poan.

23 a viz C’hwevrer 1968

Ah ! Mon chien ! Dieu sait ce qui se passe entre nous
Entre ton Instinct et l’Ame de ta maîtresse
Lui seul sait et pourquoi et comment
Tu te nourris de son regard, tu meurs de sa mort
Et par quelle pitié pour notre coeœur qui te porte
A aimer encore ceux que personne n’aime plus
C’est pourquoi petite bête humble endormie contre mes pieds
Jamais d’un mot rude je ne t’ai fait de peine
Éloignant de ma main ta langue charitable
Mais toujours, oui toujours j’ai respecté en toi
La bonté du Créateur, ton Maître et le Mien.
Tous les êtres sont frères et dignes de respect
Quand tes yeux, mon chien Fido, plongent dans les miens
Seul le silence comprend notre tête-à-tête muet
Quand je dois m’asseoir. Quand je dois m’agenouiller
Ton œoeil s’ouvre vite ; tu bondis à mon odeur
Tu lis l’angoisse au fond de mes yeux,
Dans les rides de mon front tu lis l’inquiétude
Pour me distraire et apaiser ma crainte
Tu me mordilles la main, sans faire de mal.

23 février 1968

(Traduction Paol Keineg)

Naïg Rozmor - Tregont lur karantez, douster ha pasanted  En eur zah bleveg  (dre jañs, eur zah du skoulmet e gwenn !)

Naïg Rozmor - Tregont lur karantez, douster ha pasanted En eur zah bleveg (dre jañs, eur zah du skoulmet e gwenn !)

Va hi

 

Tregont lur karantez, douster ha pasanted

En eur zah bleveg

(dre jañs, eur zah du skoulmet e gwenn !)

Sellou tener da ranna deoh ho kalon,

Muioh a skiant eged tud 'zo

Ha marvaillou forz pegement !

Gand e lost,

Gant e bao,

Grant e fri,

Deus amañ Faro !

Setu va hi.

Mon chien

 

Quinze kilos d'amour, de douceur, et de patience

Dans un sac velu

(Un sac noir noué de blanc, une chance !)

Un regard tendre à vous fendre le coeur,

Plus de bon sens que bien des gens

et des histoires à raconter !

Avec sa queue,

Avec sa patte,

Avec sa truffe,

Viens donc ici Faro !

Voici mon chien.

 

traduction : Maguy Kérésit

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