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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Accrochée à son rocher - la patelle

Henri Rivière - la vague 1892

Henri Rivière - la vague 1892

 

Né sur l'île de Groix en 1888, Yann-Ber Kalloc'h (Jean-Pierre Calloc'h) occupe une place singulière dans la littérature bretonne. Sa vie fut brève – il tomba au front en 1917 – mais son œuvre lui a assuré une postérité exceptionnelle. Élève du petit puis du grand séminaire, journaliste sous le pseudonyme de Bleimor, il s'engage très tôt dans le mouvement culturel breton en défendant avec conviction sa langue et son patrimoine. Sa poésie, nourrie de la mer, de son île, de la foi et de l'identité bretonne, se distingue par une grande simplicité d'expression et une musicalité qui expliquent qu'elle continue d'inspirer bien au-delà du cercle des lecteurs. En témoigne Er Verniken (La Patelle), choisi en 1985 comme texte imposé d'un concours de chorales, où chaque ensemble devait en proposer une mise en musique et une harmonisation originales. Une belle preuve que les vers de Yann-Ber Kalloc'h restent profondément vivants.

Er Vernikenn

D'en hani a oér eid più é ma

 

Gwélet em-es un dra heb par :

Ur garreg sonn ar hé diùhar,

Ha tro-ha-tro mor é konnar ;

 

Hag er garreg, - ihuél hé 'fenn,

E oé staget doh hé krohenn,

Bihan-bihan ur vernikenn.

 

Digabestret ha didruhé

En toneu divent e darhé...

Med er vernikenn e zalhé.

 

Ha chetu deit er mor d'arsaù,

Hag er géh vernikenn tenaù

D'er roh e oé staget ataù.

 

Er vernikenn e oui krogein :

'Zoh er roh é ma ar é gein,

Tra ne hello hé distagein...

 

Hama, n'en-des nitra gwirroh :

El er venikenn ar er roh,

Me halon za staget dohoh !

 

Yann-Ber Kalloc'h

Accrochée à son rocher - la patelle

Je vous propose la traduction publiée dans ce même article :

 

La patelle

A celui qui sait pour qui elle est

J'ai vu une chose sans pareille :

Un rocher solide sur sa base,

Et tout autour, de la mer en fureur ;

 

Et le rocher à la tête haute,

Portait, attachée à son flanc,

Toute petite, une patelle.

 

Déchaînées et sans pitié,

Les vagues immenses déferlaient,

Mais la patelle tenait bon.

 

Et la mer vint enfin à se calmer

Et la pauvre patelle mince,

Au roc était toujours collée.

 

La patelle sait s'accrocher :

Dur rocher qui la porte au flanc,

Rien ne pourra la séparer...

 

Eh bien ! il n'y a rien de plus vrai :

Comme la patelle à la roche

Mon coeur vous est attaché !

 

Jean-Pierre Calloc'h

 

 

 

Pas de trace audio de ce concours de 1985, malheureusement... mais une petite vidéo ci-après évoque le "travail" de "Breiz a gan".

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