Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
3 Septembre 2026
Ce matin un poème toujours plus d'actualité, écrit en 1963, par Anjela Duval
Ar c’hleuz
« Ur gridienn a red
Dre va c’hein spernennet
Sonnañ ‘ra war va fenn
Va blevad drez luziet
Sonet eo va eur diwezhañ
Echu eo va reuz er bed-mañ
An douar a stroñs. Ar gwez a gren
Met petra ‘welan ? N’eo ket an Ankoù !
Met un diaoul bras gant skilfoù
O tont d’am drailhañ, d’am dispenn
Ar bulldozer ruz gant e bal ramzel
D’am sebeliañ er fozell. »
« -A ! ra chomo merket dir da skilfoù
Gant gwad glan va gwrizioù ;
Evel dorn ur bourev
Gant gwad ar merzher !
Endra nijo skañv va ene
En dumenn va foultrenn :
Koumoulenn douget gant an aezhenn
Uhel-uhel dreist ar roz,
War-zu… ur Baradoz :
Paradoz ar c’hleuzioù kozh… »
25 a viz Meurzh 1963
Anjela Duval
Le talus
Un frisson court
Dans mon dos plein d'épines
Sur ma tête ma chevelure
De ronces se raidit
Ma dernière heure a sonné
Fini mon malheur en ce monde
Le sol bouge. Les arbres tremblent
Mais que vois-je ? Ce n'est pas la Mort !
C'est un grand diable armé de griffes
Qui s'en vient me hacher, me dépecer
Le bulldozer rouge à l'énorme pelle
Vient m'ensevelir dans la fosse.
Ah, que l'acier de tes griffes
Trempe dans le sang pur de mes racines ;
Ainsi que les mains du bourreau
Dans celui du martyr !
Tandis que mon âme flottera légère
Dans le duvet de ma poussière
Nuage porté par le souffle
Très haut par-dessus les collines,
Vers un Paradis,
Le Paradis des vieux talus
25 mars 1963
(Traduction Paol Keineg)
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane