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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Écrire comme on prélude

À l'image des préludes de Chopin, Thérèse Jamin compose de brèves pièces où le paysage devient musique. Quelques arbres, une maison entrevue, le vol des martinets, la Loire au loin : il n'en faut pas davantage pour que les mots prennent le tempo d'un Vivace.

Henri LE SIDANER (1862-1939) Le pont gris, Saint-Just-sur-Dive, 1914.

Henri LE SIDANER (1862-1939) Le pont gris, Saint-Just-sur-Dive, 1914.

3 - Sol majeur

 

                                                          Vivace

 

 

Vois-tu le toit qui brille

Là derrière les arbres, oui là-bas, regarde...

 

Trois grands cèdres, des marronniers,

Une allée de tilleuls

Plus loin sur l'horizon cendré

Le long défilé de peupliers...

On devine une fenêtre à travers les arbres,

La pelouse qui descend

Coupée de grandes allées de sable...

Derrière les peupliers, la Loire.

 

Non je ne sais pas...

 

Les martinets volent bas ce soir,

Ils s'engouffrent entre les toits,

S'étourdissent à grands cris agaçants

Autour de la maison...

On n'entend plus qu'eux.

                                     

Thérèse Jamin

24 préludes

Hommage à Frédéric Chopin

La Botellerie Éditions, 2017

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