Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
22 Octobre 2026
Aux Passagers du livre, (la librairie indépendante locale) c'est le rayon poésie qui retient mon regard, et mes doigts effleurant l'arc-en-ciel des recueils des éditions Bruno Doucey, finissent souvent par se saisir d'un nouvel opus.
C’est là que j’ai découvert Auschwitz est mon manteau, un recueil de poèmes de Ceija Stojka, artiste rom autrichienne, survivante des camps, dont j’ignorais jusque-là l'oeuvre multiforme. Parmi les textes réunis dans ce livre, j’ai choisi Sonnenblume, « Le tournesol », un poème qu’elle a elle-même illustré.
Ceija Stojka, Sans titre, sans date, acrylique sur carton, Courtesy Galerie Kai Dikhas, © Ceija Stojka, © ADAGP, 2017
Sonnenblume
E kamesgi luludschi – Die Sonnenblume
Die Sonnenblume ist die Blume des Rom.
Sie gibt Nahrung, sie ist Leben.
Und die Frauen schmücken sich mit ihr.
Sie hat die Farbe der Sonne.
Als Kinder haben wir im Frühling ihre zarten,
gelben Blätter gegessen und im Herbst ihre kerne.
Sie war wichtig für den Rom.
wichtiger als die Rose,
weil die Rose uns zum Weinen bringt.
Aber die Sonnenblume bringt uns zum Lachen.
Gedicht der Holocaust-Überlebenden, Künstlerin und Rom*nja-Aktivistin Ceija Stojka (1933 – 2013)
Vous pourrez également vous reporter aux traductions des poèmes proposées par François Mathieu dans ce recueil, ainsi qu’à la postface de Murielle Szac, Déchirer le silence, qui présente l’autrice et son œuvre.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane