Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
26 Octobre 2026
Ce matin, ouvrons L’Ombre passagère de Max Rouquette, ce recueil de poésies des éditions Bruno Doucey, déjà évoqué dans ces pages.
Portraits d'habitants et paysages du Trièves en noir et blanc - Berger devant le mont Aiguille - E. Breteau
Les ruisseaux
Les ruisseaux ne chantent plus.
Ils ont oublié leur nom
égratigné par les épines
qui déchiraient le miroir.
Les épines qui aussi
oublièrent leurs noms.
Des noms venus du déluge
quand la terre n'était qu'une
et que d'une Combe à l'autre
les ruisseaux étaient cousins.
Des noms à s'évanouir
des noms jaillis des gouffres
avec un ténébreux écho
où toute voix se perdait.
Des noms qui tenaient tout seuls
face au monde ennemi
et qui sont maintenant évanouis.
Et le ruisseau s'est tu,
et muette est la chanterelle
qui faisait chanter l'oiseau.
Les ruisseaux ne chantent plus,
Ils sont étouffés d'ordures.
À quoi peut servir un nom ?
Je vous invite à retrouver la version originale en occitan de ce poème dans les pages de ce recueil.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane