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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Aziliz Bourgès, l’âme à l’amble — écrire en breton, marcher vers soi

Rencontrer Aziliz Bourgès, c’est entrer dans un territoire où les frontières s’effacent : l’audio-visuel dialogue avec le théâtre, le cinéma nourrit l’écriture, et la langue bretonne en est la sève vive. Lauréate du concours 2013 de l’Avenir de la langue bretonne, organisé par France 3 et l’Office public de la langue bretonne, l’autrice n’a cessé de faire de cette langue « imagée, concrète et pragmatique » le cœur battant de son œuvre. Dans le recueil Kezeg an Heol, elle publie aujourd’hui Ma ene 'gerzh d'an inkane en version bilingue, un poème qui épouse le pas singulier de l’âme. Chez elle, écrire en breton n’est pas seulement un choix esthétique : c’est un geste de transmission, une manière de porter la langue pour qu’elle continue, elle aussi, à marcher.

Épona ou/et Épone (en latin Ĕpŏnă, en grec ancien Έπονα / Épona) est une déesse très populaire de la mythologie celtique gauloise dont le culte est attesté en Gaule par des sources gallo-romaines.  Épona est associée au cheval, animal emblématique de l’aristocratie militaire gauloise, dont les expéditions ont entraîné la diffusion de son culte, et plus tardivement à la mule[

Épona ou/et Épone (en latin Ĕpŏnă, en grec ancien Έπονα / Épona) est une déesse très populaire de la mythologie celtique gauloise dont le culte est attesté en Gaule par des sources gallo-romaines. Épona est associée au cheval, animal emblématique de l’aristocratie militaire gauloise, dont les expéditions ont entraîné la diffusion de son culte, et plus tardivement à la mule[

En oaled e oa bet c’hwezhet tan

Un tantad balan e gwirionez

hon skaotas ‘vel ur bod ardant

Ma ene ‘gerzh d’an inkane

 

Gwele ar gambr liñseliet a-nevez

ne oamp ket mui ‘vit kousket ‘barzh

Dimp ‘faote hunañ dindan ar gwez

Ma ene ‘gerzh d’an inkane

 

A-hed a-dreuz ‘mije hadet

ma vije bet frouezhaj da heul

Ne vern petra vije diwanet

 

‘Vel ur sourd disabiant ‘oan e verviñ

 e sorc’henn ur c’hontre a c’heriou

Ha setu m’on bourd da echuiñ

 

E stlepet ‘m eus e-maerz ar c’hraù

ma troc’ho hent – ar Marc’h Orgouilh

Ma ene ‘gerzh d’an inkane

 

 

Ma inkane din en e gel a-lorc’h

a c’hwirigno bremañ war e beoc’h

Ma ene eveltañ

A gerzh d’an inkane

On avait fait un feu dans l'âtre

Une flambée de genêt en vérité

Le buisson ardent nous avait brûlés

Mon âme marche l’amble

 

Le lit de la chambre drapé de frais

Y dormir il n'en était plus question

Sous les arbres nous avions pris pension

Mon âme marche l'ombre

 

De long en large j'aurais semé

S’il y avait eu du fruit en retour

Peut m’importait le germe en cours

 

Salamandre Impatientée Je bouillais

rêvant d’une contrée de mots

Me voilà à la fin – À bout et sans brio

 

Je l’ai jeté hors de la crèche

    - Le cheval d’orgueil

Qu’il taille sa route à présent

Mon âme marche l'amble

 

Ma haquenée dans sa stalle tout confort

Pourra s’ébrouer tranquille à présent

                    Comme elle

            Mon âme marche l'amble

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