Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
2 Août 2026
Rencontrer Aziliz Bourgès, c’est entrer dans un territoire où les frontières s’effacent : l’audio-visuel dialogue avec le théâtre, le cinéma nourrit l’écriture, et la langue bretonne en est la sève vive. Lauréate du concours 2013 de l’Avenir de la langue bretonne, organisé par France 3 et l’Office public de la langue bretonne, l’autrice n’a cessé de faire de cette langue « imagée, concrète et pragmatique » le cœur battant de son œuvre. Dans le recueil Kezeg an Heol, elle publie aujourd’hui Ma ene 'gerzh d'an inkane en version bilingue, un poème qui épouse le pas singulier de l’âme. Chez elle, écrire en breton n’est pas seulement un choix esthétique : c’est un geste de transmission, une manière de porter la langue pour qu’elle continue, elle aussi, à marcher.
Épona ou/et Épone (en latin Ĕpŏnă, en grec ancien Έπονα / Épona) est une déesse très populaire de la mythologie celtique gauloise dont le culte est attesté en Gaule par des sources gallo-romaines. Épona est associée au cheval, animal emblématique de l’aristocratie militaire gauloise, dont les expéditions ont entraîné la diffusion de son culte, et plus tardivement à la mule[
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En oaled e oa bet c’hwezhet tan Un tantad balan e gwirionez hon skaotas ‘vel ur bod ardant Ma ene ‘gerzh d’an inkane
Gwele ar gambr liñseliet a-nevez ne oamp ket mui ‘vit kousket ‘barzh Dimp ‘faote hunañ dindan ar gwez Ma ene ‘gerzh d’an inkane
A-hed a-dreuz ‘mije hadet ma vije bet frouezhaj da heul Ne vern petra vije diwanet
‘Vel ur sourd disabiant ‘oan e verviñ e sorc’henn ur c’hontre a c’heriou Ha setu m’on bourd da echuiñ
E stlepet ‘m eus e-maerz ar c’hraù ma troc’ho hent – ar Marc’h Orgouilh Ma ene ‘gerzh d’an inkane
Ma inkane din en e gel a-lorc’h a c’hwirigno bremañ war e beoc’h Ma ene eveltañ A gerzh d’an inkane |
On avait fait un feu dans l'âtre Une flambée de genêt en vérité Le buisson ardent nous avait brûlés Mon âme marche l’amble
Le lit de la chambre drapé de frais Y dormir il n'en était plus question Sous les arbres nous avions pris pension Mon âme marche l'ombre
De long en large j'aurais semé S’il y avait eu du fruit en retour Peut m’importait le germe en cours
Salamandre Impatientée Je bouillais rêvant d’une contrée de mots Me voilà à la fin – À bout et sans brio
Je l’ai jeté hors de la crèche - Le cheval d’orgueil Qu’il taille sa route à présent Mon âme marche l'amble
Ma haquenée dans sa stalle tout confort Pourra s’ébrouer tranquille à présent Comme elle Mon âme marche l'amble |
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