Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
8 Octobre 2026
Troisième mouvement du Quatuor pour la fin du temps, L'Abîme des oiseaux est l'une des pages les plus bouleversantes d'Olivier Messiaen. Écrite en captivité au Stalag VIII-A et confiée à la clarinette seule, cette méditation explore ce que le compositeur appelait « l'abîme », celui du temps, de la lassitude et de la solitude.
Pour accompagner cette musique, j'ai choisi une œuvre de Sarah Lipska, artiste d'origine polonaise installée à Paris, dont les oiseaux constituent l'un des motifs les plus constants. Peintre, sculptrice, décoratrice et créatrice de costumes, elle consacra, après la Seconde Guerre mondiale, un vaste projet au Ballet des oiseaux, imaginé avec le chorégraphe Serge Lifar pour l'Opéra de Paris. Le spectacle ne vit jamais le jour, mais les dessins de costumes, les esquisses et les sculptures qui en subsistent témoignent d'un univers où les oiseaux deviennent danseurs, silhouettes colorées et promesses d'envol. Cette vision fait écho à celle de Messiaen : chez l'un comme chez l'autre, l'oiseau n'est pas seulement un sujet de contemplation, il est le symbole d'une liberté plus forte que les épreuves et d'un chant qui survit au silence.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane