Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
9 Septembre 2026
Né en 1902 à El Puerto de Santa María, en Andalousie, Rafael Alberti est l'une des grandes voix de la « Génération de 27 », aux côtés de Federico García Lorca, Luis Cernuda ou Vicente Aleixandre. Peintre avant de devenir poète, il a toujours accordé une place essentielle à l'image, au rythme et à la musicalité de la langue.
Lorsque éclate la guerre civile espagnole, sa poésie prend une dimension résolument engagée. Contraint à un long exil après la victoire franquiste, il ne retrouvera son pays qu'en 1977, après près de quarante ans d'absence. Son œuvre, traversée par la nostalgie de la mer natale autant que par le désir de justice, oscille entre lyrisme, mémoire et résistance.
Écrit en 1938, « A galopar » est devenu l'un des grands poèmes de la lutte républicaine. Plus qu'un appel aux armes, c'est une chevauchée collective où le cheval incarne l'élan d'un peuple refusant la résignation. Son souffle, son refrain martelé et son rythme de cavalcade en ont fait un texte emblématique, auquel la musique donnera une nouvelle puissance.
Las tierras, las tierras, las tierras de España,
las grandes, las solas, desiertas llanuras.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
que la tierra es tuya.
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
A corazón suenan, resuenan, resuenan
las tierras de España, en las herraduras.
Galopa, jinete del pueblo,
caballo cuatralbo,
caballo de espuma.
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
Nadie, nadie, nadie, que enfrente no hay nadie;
que es nadie la muerte si va en tu montura.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
que la tierra es tuya.
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!
Rafael Alberti
* Antonio Saura (1930-1998) est l'une des figures de la peinture espagnole du XXᵉ siècle. Son expressionnisme, fait de traits fulgurants et de contrastes violents, traduit les blessures laissées par la guerre civile et la dictature franquiste.
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