Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Άρνηση - Le refus

La Madonne au euros - Artiste "Bleeps" - Photo de Louisa Gouliamaki

La Madonne au euros - Artiste "Bleeps" - Photo de Louisa Gouliamaki

"Georges Séféris, de son vrai nom Giorgios Stylianou Seferiades, aura mené comme Saint-John Perse ou Claudel, à la fois une vie de diplomate et celle de poète. Mais avec une authenticité profonde et sans la volonté perpétuelle de vouloir édifier sa légende, parfois au prix de mensonges plus ou moins pieux. Non Séféris n’avait pas besoin de vaticiner, de s’envelopper dans la toge des prophètes et des dictionnaires rares pour parler simplement du blanc du ventre des mouettes et du destin des hommes."....

"Grec, il fut jusqu’à la racine, mais grec de l’exil, de la diaspora, donc deux fois plus grec. Toujours il sera le chantre de ce « petit pays » enclos entre mythologie vignes et oliviers, statues et âmes frêles :

« J’appartiens à un petit pays. C’est un promontoire rocheux dans la Méditerranée, qui n’a pour lui que l’effort de son peuple, la mer et la lumière du soleil. C’est un petit pays mais sa tradition est immense. Ce qui la caractérise, c’est qu’elle s’est transmise à nous sans interruption. La langue grecque n’a jamais cessé d’être parlée. Elle a subi les altérations que subit toute chose vivante. Mais elle n’est marquée d’aucune faille. Ce qui caractérise encore cette tradition, c’est l’amour de l’humain ; la justice est sa règle. Dans ce monde qui va se rétrécissant, chacun de nous a besoin de tous les autres. Nous devons chercher l’homme partout où il se trouve. » (Extraits du discours prononcé par Georges Séféris à Stockholm en novembre 1963)."

 

Pour lire l'intégralité de l'article dédié à Georges Séféris, c'est sur l'excellent blog Esprits Nomades

.

Pour l'émotion, fredonnée par M. Theodorakis lui-même....

Στο περιγιάλι το κρυφό
κι άσπρο σαν περιστέρι
διψάσαμε το μεσημέρι
μα το νερό γλυφό.

Πάνω στην άμμο την ξανθή
γράψαμε τ’ όνομά της
Ωραία που φύσηξε ο μπάτης
και σβήστηκε η γραφή .

Με τι καρδιά, με τι πνοή,
τι πόθους και τι πάθος
πήραμε τη ζωή μας· λάθος!
κι αλλάξαμε ζωή.

Στίχοι: Γιώργος Σεφέρης
Μουσική: Μίκης Θεοδωράκης
Πρώτη εκτέλεση: Γιώργος Μούτσιος

 


Reniement

 

Sur la plage secrète

comme blanche colombe

nous mourions de soif à midi

mais l'eau était saumâtre.

 

Sur le sable d'or

nous avons écrit son nom

mais la brise marine a soufflé

et les mots furent effacés

 

Avec quel élan, quel cœur

quel désir et ferveur

nous vécûmes notre vie : une erreur!

Ainsi nous avons changé notre vie!

 

Traduction : Esprits Nomades 


Paroles: Yioryos Seferis
Musique: Mikis Theodorakis
Première Performance: Yioryos Moutsios


 

 

Après avoir lu la traduction de ce poème, peut-être vous posez vous la question : quel mot fut effacé ? Le site "Chansons contre la guerre" propose deux hypothèses :

Grèce pour Séféris, en expliquant le contexte de cette chanson :

De quelle plage s’agit-il ? Il s’agit de la plage où Séféris enfant passait le temps des vacances, lui et sa famille ; c’étaient des moments paisibles pour ces Grecs d’Asie qui résidaient habituellement à Smyrne. Et ainsi, on comprend de que raconte le poète en exil forcé des ruines de la Smyrne grecque et de la plage (Skala) de Vourla – anciennement, Clazomènes, actuellement Urla, qui sera toute sa vie son « paradis perdu ». Smyrne était grecque depuis l’Antiquité ; on l’appelle aujourd’hui Izmir, c’est tout dire. Smyrne fut conquise, massacrée et incendiée par les Turcs en septembre 1922. Il y eut des milliers de morts. L’exil d’un million et demi de Grecs d’Asie mineure s’ensuivit. C’est certes un raccourci historique, mais c’est le nœud du poème"

et Liberté pour Mikis Théodorakis :

"le point de vue de Mikis Théodorakis est différent, il a d’autres urgences (même si sans doute le drame vécu par la génération précédente ne le laisse pas indifférent), lui qui Grec mena le combat en Grèce et en exil et qui séjourna dans les prisons de la dictature. On ne peut éluder le fait que cette chanson quand elle dit :

« Sur le sable blond
Nous avions écrit son nom. »


en rappelle une autre, française celle-là, écrite aussi dans de terribles circonstances de lutte contre une dictature. Il s’agit bien évidemment « Liberté » de Paul Éluard, qui dit notamment :

« Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom …
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie. »


Voilà pour le sens de la chanson.  Ici l’appel de Mikis Théodorakis (2010) aux Européens :

« Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent. »
« Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

Voilà, sans doute pourquoi les funérailles de Séfaris furent la plus grande manifestation contre la dictature militaire grecque. Une foule immense était descendue dans les rues accompagnant son cercueil, malgré l’armée et chantait son poème « Reniement »  Véritable hymne national ce texte est connu de tous les Grecs.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
une-vie-de-setter

Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions.....
Voir le profil de une-vie-de-setter sur le portail Overblog

Commenter cet article