Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
18 Juillet 2025
Née en 1920 à Athènes, fille de Stamatis Mercouris, députée et ancienne ministre, et petite-fille de Spyros Mercouris, maire d’Athènes pendant près de 30 ans, Melina a grandi dans la politique. Comme dans la plupart des "bonnes familles" de cette période-là, Melina est élevée par des gouvernantes étrangères, qui lui enseignent l’anglais et le français, en plus du grec. Mais son caractère rebelle se fait sentir dès son plus jeune âge : elle se serait mariée à 15 ans pour fuir le milieu familial, et aurait divorcé 3 ans plus tard.
À 18 ans, elle poursuit ses études à l’Institut dramatique du théâtre national de Grèce à Athènes. Puis elle entame sa carrière au théâtre entre Athènes et Paris.
En 1949, elle joue dans la célèbre pièce américaine, adaptée en France, Un Tramway nommé Désir de Tenessee Williams. Puis s’enchaînent les pièces, jusqu’à son premier film, Stella de Michael Cacoyannis en 1954, qui lui apporte la notoriété. Sa carrière cinématographique va jouer les cupidons en la mettant sur la route de Jules Dassin, cinéaste américain, alors en exil en France et va devenir sa muse, son égérie. En 1960, Jules Dassin réalise Jamais le dimanche dans lequel Melina joue le rôle principal et dont la chanson ‘Les enfants du Pirée’, chantée par l’actrice, est devenue une des chansons grecques les plus connues. Ce film va ainsi mettre le couple sur le devant de la scène internationale. Artiste complète, Melina joue, chante et vit de sa passion entre la France, la Grèce et les États-Unis.
Sauf que, le 21 avril 1967, un coup d’État que personne n’attendait éclate : c’est le putsch des colonels. La Grèce devient une dictature. Résistante dans l’âme, elle devient le visage de la Grèce libre. Les colonels lui retirent sa nationalité grecque. Déchue et privée de ses droits civiques, elle déclare : « Je suis née grecque et je mourrai grecque. M. Pattakos est né dictateur et mourra dictateur ». Ses relents politiciens, pourtant bien enfouis toutes ces années, resurgissent instantanément. Elle disait d'ailleurs : "J'ai bu la politique avec le lait de ma mère".
Melina entame donc une lutte infernale depuis la France contre cette junte militaire via une campagne visant à allier tous les pays étrangers à sa cause pour faire tomber la dictature. « Mes deux amours sont le théâtre et la politique, mais je suis avant tout une patriote qui veut vivre pour la splendeur de la Grèce. »
Μια φράση, που έκανε το γύρο του κόσμου και έγινε σύνθημα, σλόγκαν απέναντι στους Συνταγματάρχες της Χούντας: «Εγώ γεννήθηκα Ελληνίδα, αυτός γεννήθηκε φασίστας. Αυτός θα πεθάνει φασίστας κι εγώ θα πεθάνω Ελληνίδα».
Une phrase qui a fait le tour du monde et est devenue un slogan, une devise contre les Colonels de la Junte :
« Moi, je suis née Grecque, lui est né fasciste. Lui mourra fasciste, et moi, je mourrai Grecque. »
Ιστορίες, φασαρίες, πού `σαστε, μωρέ παιδιά,
τί μου λένε, τι μου λένε, πως δεν είμαι πια Ρωμιά,
ήρθαν οι καραβανάδες και μου πήραν τα χαρτιά
και μου φέραν τα μαντάτα, πως δεν είμαι πια Ρωμιά,
και μου φέραν τα μαντάτα, πως δεν είμαι πια Ρωμιά.
Μαμά μου, ήσουν φρόνιμη, το ξέρω εγώ καλά
και ο μπαμπάς μου το `λεγε πως ήσουνα Ρωμιά.
Να βρισκόμουνα στην Τήνο και ν’ ανάψω ένα κερί,
να μιλήσω, να δακρύσω, να ρωτήσω το γιατί,
πες μου, πες μου, Παναγιά μου, τι είναι τούτα τα στοιχειά
που μας βάλανε στο γύψο και μας πήραν τα χαρτιά,
που μας βάλανε στο γύψο και μας πήραν τα χαρτιά.
Μαμά μου, ήσουν φρόνιμη, το ξέρω εγώ καλά
και ο μπαμπάς μου το `λεγε πως ήσουνα Ρωμιά.
Αχ, ραγιάδες, γαλονάδες, Αμερικανών παδιά,
πώς το λέτε, πώς το λέτε, πως δεν είμαι εγώ Ρωμιά,
θα σας πάρουν το κεφάλι, θα `ρθουν πίσω τα παιδιά,
θα μου δώσουν τα χαρτιά μου και θα ζήσω σα Ρωμιά,
θα μου δώσουν τα χαρτιά μου και θα ζήσω σα Ρωμιά.
Η ιστορία τέλειωσε, τα ζωα στα κλουβιά,
η θάλασσα απέραντη κι εγώ πάλι Ρωμιά.
Στίχοι:
Μελίνα Μερκούρη
Μουσική:
Joe Dassin & Richelle Dassen
1. Μελίνα Μερκούρη
La vidéo ci-après, en grec, présente une analyse de cette chanson et de son contexte
Une version beaucoup plus légère en français mais toujours avec la belle Mélina.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane