Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
20 Juillet 2025
Psalm
Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unseren Staub.
Niemand.
Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.
Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend:
die Nichts-, die
Niemandsrose.
Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.
PSAUME
Personne ne nous pétrira de nouveau de terre et d’argile,
Personne ne soufflera la parole sur notre poussière.
Personne.
Loué sois-tu, Personne.
Par amour de toi nous
voulons fleurir.
Contre
toi.
Un rien
étions-nous, sommes-nous, resterons
nous, fleurissant :
la rose de Rien, la
rose de Personne.
Avec
le pistil clair-d’âme,
l’étamine ciel-désert,
la corolle rouge
du mot-pourpre que nous chantions
par-dessus, ô par-dessus
l’épine.
Paul Celan : La rose de personne. Psaume. D’après les traductions de John E. Jackson (Revue des Belles-Lettres – 2-3/1972), Jean-Pierre Lefebvre (Gallimard – 1998) et de Martine Broda (Dans la main de personne, page 29. Éd. Cerf – 1986)
Pour aller plus loin : Psaume, de Paul Celan – ou le déni du Nom ? Par François Amanecer
et aussi la longue présentation de Paul Celan sur Esprits Nomades
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