Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
14 Août 2025
Katerina Apostolopoulou est née à Volos, en Grèce, en 1981. Après des études de lettres et de civilisation françaises à l’université d’Athènes, elle arrive à Paris, où elle vit encore aujourd’hui, pour effectuer un DEA de littérature comparée à la Sorbonne. Elle se tourne alors vers la traduction et le théâtre. En 2016, elle entreprend de traduire Ceux qui se taisent de Bruno Doucey pour les éditions Vakxikon, à Athènes. Avec J’ai vu Sisyphe heureux, elle publie son premier recueil, qui reçoit la Pépite Fiction Ados du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis/France
Télévisions en 2020.
Le mot de l’éditeur :
Une famille de pêcheurs dont le père disparaît en mer, un couple de gens modestes que la mort vient séparer, un homme seul qui abandonne maison, papiers d’identité et biens matériels pour vivre en vagabond sous les étoiles…Trois poèmes narratifs. Trois destins aux prises avec la vie. Trois histoires simples pour dire la fierté du peuple grec. Ce ne sont pas les héros des batailles homériques que chante Katerina Apostolopoulou dans ce premier recueil écrit en deux langues, le grec et le français, mais le courage des êtres qui placent l’hospitalité et la liberté au-dessus de tout, qui se battent avec les armes de l’amour et de la dignité, qui ont peu mais donnent tout. À l’heure de la crise économique et du concept de décroissance, une voix venue de Grèce nous invite à voir Sisyphe heureux.
A la lecture de ce recueil de trois poèmes en prose, c’est le mot délicatesse qui vient d’abord à l’esprit. Délicatesse du regard et de la plume qui donne à l’ensemble sa beauté fragile, comme une confidence murmurée. Le texte file, fluide, facile à lire, il raconte avec une grande simplicité trois histoires singulières à l’écho universel. Et le lecteur est vite saisi par la lumière qu’il dégage. Les jeunes jurés du Salon du livre et de la presse jeunesse ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui lui ont décerné la Pépite Fiction Ados 2020, alors qu’il concourait contre quatre romans.
Née en Grèce, installée à Paris, Katerina Apostolopoulou a écrit dans les deux langues qui sont les siennes, le grec et le français, en parallèle. La version française n’est pas la traduction du grec, les deux textes sont très proches, mais chacun joue sa partition. L’ensemble est placé sous la référence au Mythe de Sisyphe, d’Albert Camus, et dit dans le même mouvement la difficulté de vivre et le bonheur d’être vivant.
Deux petits extraits ?
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Ήταν φτωχοί μα όχι άξεστοι
Είχαν λίγα και τα έδιναν όλα
Κρατούσαν το καλύτερο για τον φίλο και τον ξένο
Έπαιρναν κάθε πρωί τον ίδιο δρόμο
Ήξεραν πως όλη η ζωή είναι ο δρόμος τούτος
Και χαμογέλαγαν
Εγώ
Τον Σίσυφο
Τον είδα ευτυχισμένο
Vivre pauvre sans être rustre
Avoir peu et tout offrir
Garder le meilleur pour l'ami ou l'étranger
Reprendre tous les matins le même chemin
Savoir que toute la vie sera ainsi
Et en sourire
Moi
j'ai vu
Sisyphe heureux.
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Mon avis : une découverte formidable. Même si j'ai déjà lu d'autres petits livres en version originale grecque, celui-ci restera dans ma mémoire celui de l'émerveillement : l'impression d'avoir enfin franchi une étape : lire en grec, facilement et en savourer chaque minute.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane