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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

L'épitaphe de Seikilos

Stèle portant l’inscription de Seikilos, vers la fin du Ier siècle après-Jésus-Christ, Nationalmuseet, Copenhague

Stèle portant l’inscription de Seikilos, vers la fin du Ier siècle après-Jésus-Christ, Nationalmuseet, Copenhague

Si vous souhaitez connaître l'histoire de cet épitaphe, je vous invite à lire l'enquête de Claude Abromont sur France Musique ici

"La naissance de cette musique se situe vers la fin du second siècle avant notre ère. Elle est alors gravée sur une colonne prévue pour décorer une tombe. Cette tombe se trouve à 30 kilomètres d’Éphèse et Sir William Ramsey la découvre en 1883 à l’occasion de la construction du chemin de fer ottoman. Attentif, il remarque la présence de symboles musicaux et tente immédiatement de les transcrire. ....

Peu après la découverte de la chanson, Théodore Reinach s’attelle à sa traduction. Reinach est un personnage important pour la connaissance de l’antiquité musicale. Pour ne donner qu’un mini aperçu de ses impressionnantes compétences, Reinach était féru en archéologie, mathématique, droit, philologie, histoire, numismatique, politique, et, accessoirement, musicologie....

Théodore Reinach les traduit ainsi :

La pierre que je suis est une image.
Seikilos me place ici,
Signe immortel d'un souvenir éternel.

ΕΙΚΩΝ Η ΛΙΘΟΣ
ΕΙΜΙ· ΤΙΘΗΣΙ ΜΕ
ΣΕΙΚΙΛΟΣ ΕΝΘΑ
ΜΝΗΜΗΣ ΑΘΑΝΑΤΟΥ
ΣΗΜΑ ΠΟΛΥΧΡΟΝΙΟΝ
 

Et voilà maintenant la seconde strophe, celle dotée de musique :

 

 Ὅσον ζῇς φαίνου
μηδὲν ὅλως σὺ λυποῦ 
πρὸς ὀλίγον ἐστὶ τὸ ζῆν 
τὸ τέλος ὁ χρόνος ἀπαιτεῖ.

Tant que tu vis, brille !
Ne t'afflige absolument de rien !
La vie ne dure guère.
Le temps exige son tribut.

Après cette strophe figure une dédicace, quelque chose comme : Seikilos Evterpoi. Son interprétation a fait l’objet de nombreux débats. Il existe en effet au moins trois façons d’interpréter ces mots. La plus simple, de Seikilos à Euterpe, et cette chanson devient un hommage à une épouse décédée prénommée Euterpe. La seconde, en lisant Seikilos Euterpou, permet d’imaginer un hommage à son père, c’est-à-dire, une musique composée par Seikilos fils d’Euterpos. Enfin, il est possible de suggérer Seikilos, fils d’Euterpe, compris comme fils de la muse Euterpe. Seikilos se décrirait alors comme le descendant de la muse de la musique. C’est l’hypothèse la plus communément admise aujourd’hui : pour la résumer, le compositeur Seikilos aurait lui-même choisi la musique à inscrire sur son propre monument funéraire. Était-il jeune, âgé, malade, nous n’en saurons jamais rien…"

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