Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
26 Novembre 2025
Il y a chez Rosalía quelque chose d’inépuisable, une tension entre la terre et le ciel, la ferveur populaire et la quête mystique. Avec LUX, la chanteuse catalane s’éloigne des beats de MOTOMAMI pour composer une œuvre habitée, presque liturgique, écrite dans treize langues et portée par le souffle du London Symphonic Orchestra. Quatre mouvements, comme les saisons d’une âme : la pureté, la gravité, la grâce, puis le départ — ou peut-être le retour.
Dans cet album de lumière, les cordes et la voix s’enlacent, la foi devient musique, la pop se fait prière. Et au cœur de ce chemin, une chanson : La Rumba del Perdón. Une confession dansante, traversée de poussière et de pardon, où le flamenco revient, non pour briller, mais pour absoudre.
Quand la voix de Rosalía s’éteint, il reste quelque chose d’apaisé, presque suspendu. La Rumba del Perdón prolonge la quête de LUX : celle d’une artiste qui cherche la justesse entre émotion populaire et exigence musicale. Le flamenco s’y fait plus intérieur, la pop se dépouille, et c’est sans doute là que réside la vraie lumière de Rosalía — dans cet équilibre fragile entre la ferveur et le silence.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane