Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
25 Novembre 2025
Il y a dans Viva la muerte ce parfum de vin rouge et de pavé mouillé, quelque chose du cabaret gouailleur où la mort rit sous cape. Casse-Pipe, né à Saint-Brieuc au début des années 90, s’inscrit dans cette tradition de chanson réaliste mâtinée de poésie noire — quelque part entre Aristide Bruant, Léo Ferré et les ombres de Rimbaud.
Sous la voix théâtrale de Louis-Pierre Guinard, la mort devient compagne de beuverie et la misère s’habille de panache. C’est une chanson de bistrot et de révolte, où la fatalité se renverse en cri de liberté : Viva la muerte !
Un soir que j'étais poivre d'avoir encore trop bu
Voilà que je trouve un cadavre tout fumant dans la rue
C'est un bourgeois ventru qui vient de calancher
D'avoir trop bien vécu à bourse déliée
Et viva la muerte et viva la muerte
Alors comme j'étais fleur c'est-à-dire sans un sou
Croquemort et débiteur rapport que je bois tout
Je lui ai vidé ses fouilles qu'étaient pleines à craquer
Et depuis je m'arsouille le soir à sa santé
Et viva la muerte et viva la muerte
Pour claquer tout cet oseille il faut pas être manchot
C'est tous les jours la paye et la cerise du gâteau
C'est dans les draps des filles que ma place est reservée
Elles sont tellement gentilles quand on peut les payer
Et viva la muerte et viva la muerte
Bonnes gens si d'aventure gisant sur le pavé
Un riche sans sépulture crève à votre portée
Pensez qu'il y a des crapules assises au parlement
Qui n'ont pas tant de scrupules à vous voler vivants
Et viva la muerte et viva la muerte
Artiste: Casse-Pipe
Album: Café du Siècle
Titre: Viva la muerte
Paroles: Philippe Marlu
Musique: Philippe Marlu
Sous les rires éraillés et les verres qui tintent, Viva la muerte rappelle qu’il est parfois plus vivant de chanter la fin que de craindre le lendemain. Chez Casse-Pipe, la mort n’est pas un point final, mais une manière de vivre plus fort — un refrain goguenard jeté à la face du destin.
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