Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
13 Novembre 2025
En écho au rire des Skiadares, la parole de Giovanni Raboni se fait entendre ce matin, grave et tendre sur la page du blog.
Giovanni Raboni appartient à la génération de poètes italiens — Porta, Rosselli, Sanguineti, Loi, Majorino — qui, dans les années 1950, écrivent après le désenchantement du néo-réalisme. Son œuvre se distingue par une chaleur lucide et une voix retenue, empreinte d’une foi discrète et d’une attention bienveillante au monde. Cette distance mêlée d’amitié et de doute fonde la dignité du poète et du critique, dont la rigueur intellectuelle s’accompagna d’un soutien constant aux plus jeunes auteurs. Raboni fut aussi un essayiste attentif au cinéma et au théâtre, où il exerça son regard critique avec la même justesse et la même sensibilité.
Mi sono distratto – oh, per poco, appena
quaranta, cinquant’anni – e mi ritrovo
di colpo, gli occhi abbarbagliati, in piena
vecchiaia, mia e del mondo. Niente è nuovo,
ora che le vivo, più delle cose
che ho vissuto aspettandole, aspettando
la vita, più delle, ma sì! famose
rose che ho colto come in trance, macchiandomi,
spesso e volentieri, di sangue … Eppure
c’ero anch’io quella volta, era il mio cuore,
erano i miei nervi, le mie giunture
a tremare di gioia e di terrore
per la tua venuta, sono sicuro
d’esserci già stato – o era già il futuro?
Giovanni Raboni
(da Quare tristis)
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane