Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
24 Mai 2026
Poète aux semelles bretonnes et au regard élargi par l’Atlantique, Youenn Gwernig a fait de la langue un lieu de passage plutôt qu’un territoire fermé. Né Yves Guernic, il aura traversé les mots comme il a traversé les continents, mêlant le breton, le français et l’anglais avec une liberté profondément humaniste. Révélé tardivement à la chanson, après des années d’écriture, de sculpture et d’exil new-yorkais au cœur de la Beat Generation, il chante sans folklore figé, d’une voix simple et habitée. Tuchenn Mikael s’inscrit dans cette œuvre où la Bretagne n’est jamais repli mais ouverture, où chaque vers semble porter la mémoire d’un pays et l’élan universel d’un homme revenu pour défendre sa langue comme on défend une présence au monde.
Avec Tuchenn Mikael, Youenn Gwernig fait entendre une parole sobre, ancrée dans le paysage et la mémoire. La colline évoquée n’est pas décorative : elle devient un point d’attache, un lieu où s’inscrivent le passage du temps et la présence humaine. La langue bretonne, nue et précise, avance sans effet, portée par une mélodie qui laisse toute sa place aux mots.
Écouter Tuchenn Mikael, c’est se tenir un instant dans cette Bretagne intérieure que Gwernig n’a cessé de défendre : une terre habitée, jamais figée, où la langue demeure un lien vivant entre les hommes et le monde.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane