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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Sur la grève des mots : Fañch Perru, ou la lenteur habitée

Il est des écritures qui ne s’imposent pas, mais demeurent. Celle de Fañch Perru — nom de plume choisi comme on choisit un abri — appartient à cette lignée rare des voix qui marchent à pas lents, attentives à la lumière, au geste, à la langue mêlée du monde. Sentiers de nos rêves avance ainsi par fragments, instantanés et bouts rimés, comme autant de laisses déposées sur la grève : le va-et-vient des marées, le travail patient des pêcheurs, la blancheur furtive des papillons, une voile au lointain. Breton et français s’y répondent sans se traduire tout à fait, dans une respiration commune. À l’heure où sa disparition nous oblige au recul et à la retenue, cette page extraite se lit comme un paysage laissé ouvert — non pour être expliqué, mais pour être habité encore.

War an draezhenn

Balafenned gwenn

A c'hirri dre lien

Sur la grève des mots : Fañch Perru, ou la lenteur habitée

Sur la grève

Papillons blancs

Des chars à voile

Pesketaerien daoubleget

Kokous ha rigadell

Etre bizied ar rastell

 

Sur la grève des mots : Fañch Perru, ou la lenteur habitée

Pêcheurs arc-boutés

Coques et palourdes

Entre les doigts du râteau

Gourlenn er pleg mor

Leunder ha leunder

Ur ouel er pellder

 

Sur la grève des mots : Fañch Perru, ou la lenteur habitée

Marée haute dans la baie

Pleine et étale

Une voile au lointain

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