Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
7 Juin 2026
Il est des écritures qui ne s’imposent pas, mais demeurent. Celle de Fañch Perru — nom de plume choisi comme on choisit un abri — appartient à cette lignée rare des voix qui marchent à pas lents, attentives à la lumière, au geste, à la langue mêlée du monde. Sentiers de nos rêves avance ainsi par fragments, instantanés et bouts rimés, comme autant de laisses déposées sur la grève : le va-et-vient des marées, le travail patient des pêcheurs, la blancheur furtive des papillons, une voile au lointain. Breton et français s’y répondent sans se traduire tout à fait, dans une respiration commune. À l’heure où sa disparition nous oblige au recul et à la retenue, cette page extraite se lit comme un paysage laissé ouvert — non pour être expliqué, mais pour être habité encore.
War an draezhenn
Balafenned gwenn
A c'hirri dre lien
Sur la grève
Papillons blancs
Des chars à voile
Pesketaerien daoubleget
Kokous ha rigadell
Etre bizied ar rastell
Pêcheurs arc-boutés
Coques et palourdes
Entre les doigts du râteau
Gourlenn er pleg mor
Leunder ha leunder
Ur ouel er pellder
Marée haute dans la baie
Pleine et étale
Une voile au lointain
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane