Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
30 Avril 2026
Des nouvelles de mon tsundoku ? Elles sont, ce mois-ci, un peu en berne. Avril aura été traversé d’un brouillard persistant, une anxiété diffuse nourrie par les tensions internationales, assez tenace pour gripper à la fois l’attention et ce geste pourtant si familier : choisir un livre et s’y abandonner. J’ai lu moins que d’ordinaire — ou plutôt, j’ai peiné à aller au bout — papillonnant d’un texte à l’autre sans parvenir à m’y ancrer. Trois lectures seulement ont véritablement résisté à cette fébrilité.
D’abord, un policier à l’anglaise avec Le Crime du paradis, où Guillaume Musso s’amuse des codes du whodunit dans une atmosphère délicieusement surannée, hommage ludique aux intrigues d’Agatha Christie : un divertissement élégant, à l’ancienne, où l’énigme prend le temps de se déployer. Puis Submersion de Marc Dugain, roman dystopique court et nerveux, presque happé d’une traite, qui nous plonge dans la conscience d’un président de fiction aux prises avec un monde au bord de la rupture ; sous la tension des crises contemporaines affleure pourtant une fragile persistance de l’idéal démocratique. Enfin, Nos héritages d’Anna Hope, roman choral resserré autour de funérailles, qui revisite les codes de la saga familiale en les entrelaçant à une réflexion très actuelle sur l’écologie et la responsabilité face à ce que nous recevons — et transmettons. Trois livres, donc, comme trois tentatives d’évasion ou de mise en prise avec le réel, dans un mois où lire relevait presque d’un effort de résistance.
Avril : Ré-ouverture de la maison de vacances après la fermeture hivernale. Quel bonheur de se promener sous des ciels dignes de l'été...
Avril : l'explosion des fleurs dans le jardin, et le plaisir de retrouver le petit bois tout pimpant...
Un petit haiku en breton trouvé sur internet....
Koadoù miz Ebrel
Glas-mouk pallenn ar pour-bran
Ar goukoug o kanañ.
Forêts d'avril
Tapis mauve des clochettes
Le coucou chante
Avril : Films et vidéos du mois
Ultime révérence pour Downton Abbey, ce troisième film privilégie la nostalgie au souffle dramatique, orchestrant un adieu élégant où chaque personnage vient saluer une dernière fois. Derrière quelques intrigues ténues, c’est surtout un long épilogue empreint de mélancolie, pensé comme un écrin pour les souvenirs des fidèles de la série
Mai surtout une excellente série en espagnol proposée par Arte : Céleste
Inspirée des démêlés fiscaux de Shakira, Celeste déploie une fable anticapitaliste où s’affrontent une star de la pop mexicaine et une inspectrice des impôts en fin de carrière. Chargée de prouver en une semaine que la chanteuse doit 20 millions d’euros à l’État, Sara Santano devient le véritable cœur du récit : loin du portrait attendu de diva, la minisérie adopte le point de vue de cette bureaucrate et emprunte les codes du thriller pour insuffler tension et éclat à une affaire d’évasion fiscale. Face à l’aura glamour d’Andrea Bayardo, Carmen Machi impose une présence magnétique, filmée au plus près par Elena Trapé, et renverse subtilement les hiérarchies : la normalité y triomphe de la célébrité, et l’expérience de la jeunesse.
Avril : Toujours plus de breton avec la randonnée mensuelle organisée par Ti ar Vro (Hélène) ce mois-ci dans les bois de Lannurvan (Saint Urbain) et la lecture du recueil bilingue "Kañv" de Denez Prigent, qui sera certainement une source durable d'inspiration pour ce blog.
Avril : un recommencement ?
Une phrase, lue récemment et qui a résonné en moi en avril.
"Redevenez l'enfant que vous étiez : abandonnez les "il faut que" et plongez-vous avec délices dans les "aujourd'hui, je veux..."
Bref, en avril, j'ai retrouvé avec délices le chemin de la piscine....Ne serait-ce pas le signe que j'ai enfin atteint le fameux lâcher-prise ?
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