Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
26 Juillet 2026
James Abbott McNeill WHISTLER. Nocturne in Black and Gold, the Falling Rocket, 1874. Cambridge (Massachusetts), Harvard Art Museums, Fogg Art Museum.
Au croisement des arts, ce matin s’ouvre comme une chambre d’échos : poésie, peinture et musique s’y répondent, chacune cherchant à saisir l’insaisissable émotion. Des vers de Hugo aux nocturnes de Whistler et aux visions de Chagall, jusqu’à la voix d’Elsa Dreisig portée par Amy Beach, une même question affleure — d’où jaillit l’extase ?
Et j’entendis une grande voix.
Apocalypse
J’étais seul près des flots, par une nuit d’étoiles.
Pas un nuage aux cieux, sur les mers pas de voiles.
Mes yeux plongeaient plus loin que le monde réel.
Et les bois, et les monts, et toute la nature,
Semblaient interroger dans un confus murmure
Les flots des mers, les feux du ciel.
Et les étoiles d’or, légions infinies,
À voix haute, à voix basse, avec mille harmonies,
Disaient, en inclinant leurs couronnes de feu ;
Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n’arrête,
Disaient, en recourbant l’écume de leur crête :
― C’est le Seigneur, le Seigneur Dieu !
Victor Hugo 1802-1885
in ‘Les Orientales’
25 novembre 1828
Elsa Dreisig (soprano) chante « Extase »
Musique composée par Amy Beach (1867-1944)
Orchestre du Théâtre Carlo Felice de Gènes
Direction Massimo Zanetti
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane