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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Klara Ninn, l’électro sous l’écorce du chêne

Evid deiz-ha-bloaz ma mamm, Doue d'he fardono

Amélie Patin

Amélie Patin

Sous le pseudonyme Klara Ninn se dévoile une artiste que le public breton connaît déjà bien : la violoniste Claire Mocquard, familière des scènes traditionnelles aux côtés de Jean-Charles Guichen comme des formations jazz telles que Tea Girl and Coffee Boy. Avec Kimiad, son premier titre, né à Pleumeur-Bodou, elle emprunte une voie plus intime : un alliage vibrant de rythmes électro et de langue bretonne, où le tempo percutant épouse la mémoire. « Kimiad » — dernier au-revoir — est une traversée, celle du deuil maternel, portée par des images puissantes et telluriques. Entre pulsation moderne et racines profondes, Klara Ninn fait dialoguer l’écorce et la lumière, la danse et l’absence, et signe une entrée aussi audacieuse que bouleversante.


Pa oan rouanez barzh he bro, ma mam oa un nervenn-c'hlaz 
Me oa skañv ha dibreder, o redek ma zamm buhez
 
E bord an hent a oa tener, gant bleuniou ar baradoz
Livioù ar vuhez damheñval  deus liviou al levenez

Kailh ra koll ar c'hempouez dimp, en e c'hourvez war ar man
Zoken pa lak da c'hrisañ ar boan, he daoulagad zo o c'hoarzin

Evel ul labous  barz ar c'hav, soubet e oa er vrumenn
Tasmantoù gwenn dindan ar glav, e tansan gant o flemmoù

Frond an avel gonnaret, klevet a ran blaz an douar
He daoulagad zo en em  serred, ne glevont ac'hanon ket ken

Dimezet gant un tan yen, ma mamm zo aet gant an avel?
Trellus gant Traezh war he jod, d'un dazont peurbadel

Alies  e glevan un ton, e-maez 'deus ar c'hoad don
Me a wel an heol o c'hoarzhin, an holl delioù o tiskanañ

Mizioù du hir a ra bepred, frankizh d'an diskar amzer
Bemdez e tañsan eviti,  war ganadenn evned

Pa oan rouanez barzh he bro, ma mam oa un nervenn-c'hlaz 
Me oa skañv ha dibreder, o redek ma zamm buhez

hiziv rouanez barzh ma bro ma mam zo ma nervenn-c'hlaz 
Me zo skañv ha dibreder, o redek ma zamm buhez

 

Quand j'étais reine de son pays, ma mère était un chêne vert
J'étais légère et insouciante parcourant mon chemin

Le chemin bordé de tendresse et de fleurs du paradis
Les couleurs de la vie, ressemblent à celles du bonheur

Quelques cailloux nous font perdre l'équilibre, mais allongée sur la mousse végétale
Même quand perce la douleurs la plus vive, ses yeux rient et rassurent

Tel un oiseau dans une cave, elle est plongée dans la brume
Des fantômes blancs sous la pluie, dansent avec leurs épines

Le parfum du vent en furie, j'entends son goût amer
Ses yeux se sont fermés, et ne m'entendent plus

Mariée à un feu glaçant, ma mère s'en est allée
Eblouissante avec un grain de sable sur la joue, en un avenir éternel

Souvent j'entends une mélodie  qui sort de la forêt profonde
Et je vois le soleil qui rit, les feuilles reprennent toutes en choeur

Les mois noirs laissent toujours la place à l'automne
Je danse pour elle chaque jour au doux chant des oiseaux

Quand j'étais reine de son pays, ma mère était un chêne vert 
J'étais légère et insouciante parcourant mon chemin

Maintenant, reine de mon pays, ma mère est mon chêne vert
Je suis légère et insouciante parcourant mon chemin

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