Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
2 Mars 2026
Me am-eus eur cʼhoar hag a zo pinvidig evel ar mor.
— (Jules Gros, Le Trésor du Breton parlé - 1 : Le langage figuré, Emgleo Breiz - Brud Nevez, 1970, page 30)
De tout temps donc, les Bretons ont su chevaucher les kezeg Ler ("les chevaux de Ler", le dieu celte de la mer) , nom poétique ancien donné à la Grande Bleue. On dit maintenant ar gazeg c'hlas (la jument bleue) ou ar marc'h glas (le cheval bleu) pour la mer calme , ar gazeg wenn (la jument blanche) ou ar gazeg klafiv (la
jument enragée) quand elle est mauvaise, Quand elle moutonne , ce sont les chevaux blancs qui dansent, et quand elle est déchaînée et déborde sur la terre ferme, c'est le cheval qui sort de son champ . On s'aperçoit donc que l'image du cheval a perduré à travers les siècles. Tout n'est pas forcément rose dans ce monde bleu,
et c'est contraint et forcé que bon nombre de nos compatriotes ont dû, pour gagner leur pain, se risquer à affronter le gwelien (l'eau de vaisselle) sur - pire que des coquilles de noix - des kregin-ourmel (coquilles d'ormeaux) car ceux-ci ont des trous. Ce ne sont pas les petites embarcations qui font peur aux marins bretons
- les traditionnels korac'hoù (coracles) celtes, anciennement en cuir et maintenant en toile goudronnée, en sont la meilleure preuve - non, leur hantise c'est de devoir embarquer sur une botez-koad (un sabot), embarcation qui ne réagit pas aux ordres et qui peut se retourner sans crier gare.
Extrait de : Pinvidik mor - riche comme la mer (riche comme crésus)
la langue bretonne et la mer
Divi KERVELLA
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