Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
27 Juillet 2026
L'exposition de Brigitte Prieur, Océans, présentée à la chapelle de Guicquelleau, au Folgoët, est celle qui m'a le plus émue cette année. Ses grands fixés sous verre et ses vitraux, où les bleus, les verts et les turquoises se mêlent à des éclats d'or 24 carats, semblent transformer la lumière en matière vivante. La beauté des œuvres n'explique pourtant pas, à elle seule, ce coup de cœur. J'ai eu la chance de partager un long moment avec l'artiste, qui m'a parlé avec passion de son parcours, de ses techniques et de sa démarche. Bien que son travail soit aujourd'hui principalement destiné à de grandes commandes privées, souvent réalisées pour des clients à l'étranger, elle tient à rester présente en Bretagne où elle s'est installée, en participant chaque année à seulement deux rendez-vous : Arz e Chapelioù Bro Leon et les expositions du café de la librairie Dialogues, à Brest. Au détour de la conversation, elle m'a révélé le titre de son prochain projet, Icônes, et confié son admiration pour les aquarelles de Gustave Moreau, une facette méconnue de son œuvre qui éclaire, à mes yeux, sa propre recherche de lumière et de transparence.
Au-delà des expositions temporaires, Arz e Chapelioù Bro Leon est surtout une magnifique invitation à redécouvrir un patrimoine vivant. En ouvrant les chapelles tout au long de l'été, les associations qui les restaurent mettent en lumière un travail patient, souvent méconnu, où la sauvegarde s'accompagne d'une véritable création contemporaine. Lors de notre passage à Loc Mazé, nous avons ainsi retrouvé avec plaisir les vitraux de Nicolas Fédorenko, qui dialoguent aujourd'hui avec l'architecture de la chapelle comme s'ils avaient toujours été là. À Saint-Herbot, ce sont les bannières de procession d'Annaïg Le Berre qui prolongent cette même volonté de faire vivre les lieux sans les figer dans le passé. Les œuvres exposées le temps d'un été peuvent séduire, surprendre ou laisser plus réservé ; en revanche, il est difficile de ne pas être sensible à l'engagement des bénévoles qui redonnent vie à ce patrimoine et à celui des artistes dont les créations s'inscrivent durablement dans ces chapelles, en remplaçant des vitraux disparus, des bannières perdues ou d'autres éléments que le temps avait emportés.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane