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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Fairouz, la voix turquoise du Liban

À presque quatre-vingt-dix ans, Fairouz vit encore à Beyrouth, sa ville, son ancrage, son mystère. Elle ne chante plus, mais sa voix, elle, continue de traverser les murs et les époques — à Beyrouth comme à Damas, Tunis ou Casablanca. Née Nouhad Haddad dans les années 1930, devenue “turquoise” pour le monde arabe, elle a offert au Liban un chant d’unité et de tendresse au cœur du chaos.

Muse des frères Rahbani, épouse d’Assi, elle a mêlé les mélodies populaires aux influences andalouses et classiques, inventant une musique à la fois moderne et enracinée. Pendant la guerre civile, Fairouz a choisi le silence du juste : ne chanter pour aucun camp, mais pour tous. Ses chansons — Li Beirut, Jerusalem in My Heart — disent la douleur, la foi, la beauté d’un pays blessé qu’elle n’a jamais renié. Aujourd’hui encore, sa voix demeure une prière suspendue au-dessus des ruines, une lueur d’espoir qui ne s’éteint pas.

Et parce que la beauté d’une voix traverse les frontières et les langues, la Grèce aussi lui a rendu hommage. Le compositeur Θανάσης Παπακωνσταντίνου et la chanteuse Μελίνα Κανά ont dédié à Fairouz un chant vibrant d’admiration, où les cèdres du Liban répondent aux vents de la mer Égée.

Fairouz, la voix turquoise du Liban
Φεϊρούζ, βγες στο μπαλκόνι
να σ’ ακούσουν τα πουλιά,
του Λιβάνου οι μαύροι κέδροι
και οι λειχήνες του Αραράτ.

Φεϊρούζ καημέ μου Φεϊρούζ,
τους αναστεναγμούς μου αφήνω,
οοοοο, στα σταυροδρόμια της ζωής.
Φεϊρούζ καημέ μου Φεϊρούζ,
έμαθα πάντοτε να δίνω,
οοοοο, όσα δεν έδωσε κανείς.

Στείλε μου το "wa habibi" (για χαμπίμπι)
στις φτερούγες του νοτιά,
να περάσει από τη Γαύδο
και ν’ ανέβει πιο ψηλά.

Η Ευαγγελία λέει
τον Αρχαγγελιτικό
κι εσύ στης Μπεκάα τη θέρμη
τραγουδάς το ανείπωτο.

Fairouz, va sur le balcon
pour que les oiseaux,

les cèdres noirs du Liban
et les lichens de l'Ararat puissent t'entendre.

Fairouz, ma pauvre Fairouz,

je laisse mes soupirs,

ouh, au carrefour de la vie.

Fairouz, ma pauvre Fairouz,

j'ai toujours appris à donner,

ouh, ce que personne ne donnait.

Envoie-moi « wa habibi » 

sur les ailes du sud,

pour traverser Gavdos

et m'élever plus haut.

L'Évangile chante

l'Archange

et toi, dans la chaleur de la Bekaa,

chante l'indicible.

 

(essai de traduction, soyez indulgents)

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une-vie-de-setter

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

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Y
merci
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