Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
17 Mars 2026
Publié dans les années 1960 au fil de chroniques hebdomadaires, Divizou eun Amzer gollet (Devis d’un temps perdu) occupe une place fondatrice dans l’œuvre de Pierre-Jakez Hélias. On y entend déjà cette voix singulière qui, plus tard, donnera chair au Cheval d’Orgueil : une voix attentive aux gestes simples, aux paysages familiers, aux figures modestes que le temps transforme ou éloigne sans les abolir tout à fait. Entre souvenirs personnels, scènes de la vie bretonne et méditations sur la modernité naissante, Hélias compose ici une mosaïque sensible où l’anecdote devient mémoire collective. L’extrait consacré à Lucky, ancienne paysanne devenue mannequin de haute couture, illustre avec une grâce mélancolique ce passage d’un monde à l’autre, et dit, sans nostalgie appuyée, ce que le progrès gagne — et ce qu’il laisse derrière lui.
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Lire ces premiers billets a été un vrai plaisir : par leur brièveté et leur limpidité, ils offrent un point d’entrée idéal pour commencer à lire en breton. On y découvre la richesse et la musique de la langue, avec la joie très particulière de saisir déjà certaines phrases sans recourir, à chaque pas, à la béquille rassurante de la version française.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane