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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Haiku - Anthologie du poème court japonais

Haiku : Anthologie du poème court japonais -  Poésie Gallimard (Corine Atlan - Zéno Bianu)

Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l'ellipse et de la suggestion, poème de l'instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu'aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d'autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l'esthétique japonaise. "Pourquoi aimons-nous le haiku ?" interrogent les préfaciers de ce livre. "Sans doute pour l'acquiescement qu'il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d'un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu'une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu'il nous déroute, parce qu'il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu'il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité."

 

Haiku - Anthologie du poème court japonais

Sur la tablette des âmes

brûlent aussi

les larmes et la rosée

Hattori Ransetsu

 

et le charme des notes de traduction :

A l'intérieur de la maison, les tablettes funéraires dédiées aux âmes des défunts sont installées sur un autel. La rosée des fleurs déposées en offrande, les larmes versées forment le combustible qui entretient la flamme du souvenir.

Le bosquet de paulownias à Akasaka, de la série "Cent vues célèbres d'Edo"

Le bosquet de paulownias à Akasaka, de la série "Cent vues célèbres d'Edo"

Elle tombe et tombe

la feuille de paulownia

aux rayons du soleil.

Takahama Kyoshi

 

toujours avec l'apport du commentaire du traducteur :

Ce haiku (l'un des préférés de Kyoshi lui-même, dit-on) offre un exemple parfait de regard transcendant. A travers la description d'une feuille tourbillonnant sous les rayons du soleil, c'est la condition humaine tout entière qui transparaît -entre ironie et mélancolie. La trajectoire de cette feuille si semblable aux autres, et pourtant unique, recevant le soleil dans sa chute, est bien celle d'une vie humaine, promise à la même et inéluctable déchéance, malgré la lumière chaude qui émane des rayons : l'infime comme mesure de l'éternité

Dans la brenne, le matin, au lever du soleil, l'an passé.

Dans la brenne, le matin, au lever du soleil, l'an passé.

Une alouette s'élève -

Je respire la brume

Je marche sur les nuages !

Masaoka Shiki

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