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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Là où la douleur trouve une voix : Martha Frintzila

Martha Frintzila appartient à ces voix qui ne chantent pas seulement : elles habitent les ombres, les fissures, les clairières intérieures. Née à Éleusis, elle porte en elle quelque chose des mystères de sa ville natale : un mélange de gravité, de douceur et d’initiation. Actrice, musicienne, passeuse de récits, elle avance entre théâtre et chant comme on traverse un paysage nocturne, guidée par l’écoute des êtres blessés et des choses oubliées. Dans la chanson que je présente ici, elle prête sa voix à ceux qui ne trouvent pas la leur : l’orphelin, le chien fidèle, l’arbre condamné. Sous sa respiration, ces figures s’élèvent et deviennent des icônes fragiles, illuminées par la douleur et une foi qui vacille, mais persiste.

Là où la douleur trouve une voix : Martha Frintzila

Είμαι εκείνο το ορφανό
το παιδί που κλαίει
έξω από την πόρτα στα σκαλάκια
με κοντά κομμένα τα μαλλάκια
τραγουδώντας τον καημό του όλο λέει.

Ο Χριστός σταυρώθηκε για μένα
σταυρώθηκε σίγουρα για μένα
για τις αμαρτίες τις παιδικές μου
λέω καθώς χαϊδεύω τις ουλές μου
τα σημάδια που 'χω χρόνια σκεπασμένα.

Είμαι εκείνο το σκυλί
κάτω απ ́τα ερείπια
που κουνάει ακόμα την ουρά του
πάντοτε πιστό στ' αφεντικά του
περιμένει κι αλυχτάει μες στη νύχτα

Ο Χριστός σταυρώθηκε για μένα
σταυρώθηκε σίγουρα για μένα
δε θυμάμαι πια τις προσευχές μου
είμαι εδώ και γλείφω τις πληγές μου
τις πληγές που κληρονόμησα από σένα

Είμαι εκείνο το ψηλό
λυπημένο δέντρο
σ' ένα δάσος χρόνια ξεχασμένο
κόκκινη μπογιά σημαδεμένο
τα όνειρά του τραγουδά στον υλοτόμο

Ο Χριστός σταυρώθηκε για μένα
σταυρώθηκε σίγουρα για μένα
μ' έχουν τα πουλάκια εγκαταλείψει
ο κισσός κοντεύει να με πνίξει
τα κλαδιά μου στο βοριά παραδομένα

 

Ερμηνεία: Μάρθα Φριντζήλα
Ποίηση: Μάρθα Φριντζήλα
Σύνθεση: Μιχάλης Καλογεράκης

Je suis cet orphelin,
l’enfant qui pleure
sur les marches, devant la porte,
les cheveux coupés court,
qui chante son chagrin en boucle.

Le Christ a été crucifié pour moi,
il a été crucifié, c’est certain, pour moi.
Pour mes péchés d’enfant,
dis-je en caressant mes cicatrices,
ces marques que je garde couvertes depuis des années.

Je suis ce chien
sous les décombres,
qui remue encore la queue,
toujours fidèle à ses maîtres,
qui attend et gémit dans la nuit.

Le Christ a été crucifié pour moi,
il a été crucifié, c’est certain, pour moi.
Je ne me souviens plus de mes prières,
je suis là, je lèche mes blessures,
ces blessures que j’ai héritées de toi.

Je suis cet arbre haut
et triste,
dans une forêt oubliée depuis des années,
marqué d’un trait de peinture rouge,
chantant ses rêves au bûcheron.

Le Christ a été crucifié pour moi,
il a été crucifié, c’est certain, pour moi.
Les oiseaux m’ont abandonné,
le lierre est sur le point de m’étouffer,
et mes branches sont livrées au vent du nord.

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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

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