Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
28 Avril 2026
Sur l’île d’Amorgos, chaque pierre, chaque souffle de vent porte en soi la mémoire des jours et des nuits, des corps et des voix. Dans le poème de Níkos Gkátsos, la langue devient fil d’or et de lumière, et l’île — avec ses couleurs intenses, ses silences, ses embruns — se métamorphose en paysage intérieur. Battue par le soleil et bercée par les vagues, Amorgos est moins un lieu fixé sur la carte qu’un creuset d’émotions où se mêlent nostalgie, désir et présence vivante. C’est ce tissu vibratoire que cette mise en musique du poème cherche à rendre : le bruissement des herbes sèches, la solitude vaste comme un ciel d’été. Là où l’écriture chante autant qu’elle raconte, Amorgos se fait allégorie d’un instant capturé — et offert — à l’écoute.
Χρόνια καὶ χρόνια πάλεψα
μὲ τὸ μελάνι καὶ τὸ σφυρὶ
βασανισμέμη καρδιά μου
Μὲ τὸ χρυσάφι καὶ τὴ φωτιὰ
γιὰ νὰ σοῦ κάμω ἕνα κέντημα
Ἕνα ζουμπουλι πορτοκαλιᾶς
Μιὰν ἀνθισμένε κυδωνιὰ νὰ σὲ παρηγορήσω
Ἐγώ ποὺ κάποτε σ᾿ ἄγγιξα
μὲ τὰ μάτια τῆς πούλιας
Καὶ μὲ τὴ χαίτη τοῦ φεγγαριοῦ σ᾿ἀγκάλιασσα
καὶ χορέψαμε μὲς
στοὺς καλοκαιριάτικους κάμπους
Πάνω στὴ θερισμένη καλαμιὰ
καὶ φάγαμε μαζὶ τὸ κομένο τριφύλλι
Μαύρη μεγάλη μοναξιὰ
μὲ τόσα βότσαλα τριγύρω στὸ λαιμὸ
τόσα χρωματιστὰ πετράδια στὰ μαλλιά σου
Νίκος Γκάτσος in Αμοργός
Si vous avez 47 minutes, écoutez l’œuvre en entier ; mêlant des accents de classicisme au contemporain, voire dodécaphonique, mais elle est très belle. Le poème, en entier, est accessible via le lien, plus haut.
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane