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Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Μυγδαλιά : l’éveil fragile d’un poète face à la vie et à la mort

Poète grec majeur de la génération des années 1920, Kostas Karyotakis incarne dans son œuvre une voix à la fois lucide et désespérée dont le regard scrute les failles de l’existence humaine. Marqué par l’ennui, la mélancolie et une quête constante de sens, il déploie dans ses vers un monde où la beauté de la nature se heurte à l’inéluctable fragilité de la vie. Tout comme dans Μυγδαλιά, où l’image de l’amandier devient le symbole poignant d’un amour intime et d’une vitalité qui se fane, la poésie de Karyotakis explore les tensions entre désir d’aimer, conscience aiguë de la mortalité et incapacité à échapper à l’absurdité du quotidien. Poète moderne et tourmenté, il a su, par sa sensibilité extrême, offrir une poésie profondément humaine, hantée par la beauté et la douleur du monde.

Henri Manguin - l'amandier en fleurs

Henri Manguin - l'amandier en fleurs

Μυγδαλιά

Κι ἀκόμα δὲν μπόρεσα νὰ καταλάβω
πῶς μπορεῖ νὰ πεθάνει μία γυναῖκα
ποὺ ἀγαπιέται.

Ἔχει στὸν κῆπο μου μιὰ μυγδαλιὰ φυτρώσει
κι εἶν᾿ ἔτσι τρυφερὴ ποὺ μόλις ἀνασαίνει·
μὰ ἡ κάθε μέρα, ἡ κάθε αὐγὴ τηνε μαραίνει
καὶ τὴ χαρὰ τοῦ ἀνθοῦ της δὲ θὰ μοῦ δώσει.

Κι ἀλοίμονό μου! ἐγὼ τῆς ἔχω ἀγάπη τόση...
Κάθε πρωὶ κοντά της πάω καὶ γονατίζω
καὶ μὲ νεράκι καὶ μὲ δάκρυα τὴν ποτίζω
τὴ μυγδαλιὰ πού ῾χει στὸν κῆπο μου φυτρώσει.

Ἄχ, τῆς ζωούλας της τὸ ψέμα θὰ τελειώσει·
ὅσα δὲν ἔχουν πέσει, θὰ τῆς πέσουν φύλλα
καὶ τὰ κλαράκια της θὲ ν᾿ ἀπομείνουν ξύλα.

Τὴν ἄνοιξη τοῦ ἀνθοῦ της δὲ θὰ μοῦ δώσει

Κι ὅμως ἐγὼ ὁ φτωχὸς τῆς εἶχ᾿ ἀγάπη τόση...

 

Κώστας Καρυωτάκης
Συλλογή: Ο πόνος του ανθρώπου και των πραγμάτων

Amandier

Je n’ai encore pas pu comprendre
Comment peut mourir une femme
Qui est aimée.

Là dans mon jardin un amandier grandit,
il est si délicat qu’il a juste un souffle de vie ;
mais chaque jour, mais chaque aube le flétrit
et je n’aurai pas la joie de le voir fleuri.

Et moi hélas ! Moi je l’aime à la folie…
Chaque matin près de lui je m’en viens à genoux
et mes offrandes d’eau, de larmes, je lui voue,
à l’amandier qui dans mon jardin a grandi.

Ah, le mirage de ce filet de vie finira.
Autant qu’il lui reste de feuilles, elles lui tomberont
et ses rameaux branches nues resteront.

Sa fleur de printemps, point ne me la donnera.

Et pourtant, pauvre de moi, je l’aime à la folie…

Recueil: La douleur de l'homme et des choses - Oulipia

 

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