Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.

Marv ma mestrez : un blues breton réinventé

Considéré comme le plus bouleversant des « blues bretons », Marv ma mestrez traverse le temps depuis le répertoire des Sœurs Goadec, malgré l'absence d’enregistrement de leur part. Chantée et rejouée par de grands noms – de Stivell à Servat, d’Erik Marchand au Bagad Kemper – cette gwerz a connu d’innombrables interprétations. Denez en offre ici une version magistrale, ouverte par une introduction de cordes syncopée qui annonce une véritable recréation, à la fois fidèle et transcendée. Au cœur du chant demeure le drame : un amant inconsolable veillant la fontaine de sa bien-aimée morte, appelant de ses vœux la mort pour la rejoindre dans l’autre monde.

Mélancolie - E. Munch

Mélancolie - E. Munch

Me am eus ur feunteun e-barzh kornig ma jardrin
Eno ma ven kavet diouzh an noz hag ar mintin
Eno ma ven kavet atristet gant ar glac’har
‘Soñjal ‘barzh ma mestrez a zo aet d’an douar

Marv eo ma mestrez, marv eo ma holl fiañs
Marv ma flijadur ha tout ma holl esperañs
Biken ‘m bije soñjet hag ar marv a deuje
Da lemel diganin ma dous, ma c’harante'

Deus poanioù ar bed, fuzulhioù ha sabrennoù
Hastit, mar plij ganeoc’h disoc'hit din ma deizioù
Hastit, mar plij ganeoc’h disoc'hit din ma buhez
‘vit ma’z in d’ar bed all war-lerc’h ma c’harantez

C’hoarvez a ra ganin evel gant ur marc’hadour
En deus ur vatimant da navigat war ar mour
Graet ganti he beaj, erruet eo Porzh ar Joa
Ma doucho douar Kernev e ranko perisañ !

Me am eus ur feunteun e-barzh kornig ma jardin
Eno ma ven kavet diouzh an noz hag ar mintin
Eno ma ven kavet atristet gant ar glac’har
‘Soñjal ‘barzh ma mestrez a zo aet d’an douar

 

J’ai une fontaine dans un coin de mon jardin,
Là, vous me trouverez le matin comme le soir.
Là, vous me trouverez, atterré de chagrin,
En pensant à ma bien-aimée qui est partie en terre.

Ma bien-aimée est morte, toute ma confiance est morte,
Mon plaisir est mort, ainsi que tous mes espoirs
Jamais je n’aurais pensé que la mort viendrait
M’enlever ainsi ma douce, ma bien-aimée.

Peines de ce monde, fusils et couteaux,
Depêchez-vous, je vous en prie, d’en finir avec mes jours.
Depêchez-vous ,je vous en prie, d’en finir avec ma vie.
Que j’aille dans l’autre monde rejoindre ma bien-aimée.

Je suis comme un marchand.
J’ai un navire pour voyager sur mer
Son voyage terminé, il arrive dans le port de la joie,
Si le mât vient à se briser il sombrera.

J’ai une fontaine dans un coin de mon jardin,
Là, vous me trouverez le matin comme le soir.
Là, vous me trouverez, atterré de chagrin,
En pensant à ma bien-aimée qui est partie en terre.

Avez-vous choisi votre version préférée ?

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
une-vie-de-setter

Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane

Commenter cet article