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Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Poésie italienne contemporaine

Le temps ou les vieilles - F. de Goya

Le temps ou les vieilles - F. de Goya

Tu non verrai

Come gli alberi passati dal vento
stormiscono ; con la stessa distratta
ineluttabile naturalezza
sento i miei vecchi in triste coro piangere
monotononi lamenti.
Da viluppo, da grigio parassita
a strappi, lungo sapienti tragitti,
la sofferenza ha guadagnato gli occhi
s’è fatta sguardo e voce
s’è resa anima, ha vinto impetuosa.
Tu non verrai ma potresti venire
ad ascoltare la nota luttuosa
nell’ospizio dove i vecchi lamentano
di non essere ormai ciò che furono
di essere ancora ciò che essi saranno
finché saranno.

I declivi che hanno sceso i miei vecchi
sono scoscesi e pervi
e rotolarli è quasi
addormentare i nervi
in un tragitto senza scosse.
I sentieri si fermano
innanzi all’incubo e ve li adagiano.
Per il mio cuore è quasi insopportabile
accorgersi che l’incubo è abitabile.

Quando come il vento cade la vita
da quelle genti grondanti stanchezza
ti par di vedere nei corpi liberi
dalla feroce brama
di vivere
il sollievo di non essere più assediati,
un po’ come gli arbusti
che alzano lievi la testa
quando ormai romba altrove
la devastante, la lunga tempesta.
Tu non verrai ma potresti venire
a vedere con quale infesta
lentezza si può morire.

Tu ne viendras pas

Comme les arbres balayés par le vent
bruissent ; avec le même naturel
inéluctablement distrait
j’entends mes vieux en chœur triste pleurer
de monotones plaintes.
Par enchevêtrement, par saccades
de parasite gris, par de savants trajets,
la souffrance a gagné leurs yeux
s’est faite regard et voix
s’est faite âme, a vaincu, impétueuse.

Tu ne viendras pas mais tu pourrais venir
écouter la note endeuillée
à l’hospice, là où les vieux se plaignent
de ne plus être désormais ce qu’ils furent
d’être encore ce qu’ils seront
tant qu’ils seront.

Les pentes que mes vieux ont descendues
sont abruptes et praticables
et les descendre en roulant signifie presque
endormir les nerfs
dans un trajet sans secousses.
Les sentiers s’arrêtent
face au cauchemar et là ils les déposent.
Pour mon cœur il est presque insupportable
de comprendre que le cauchemar s’habite.

Quand tombe comme le vent la vie
de ces gens suintant la fatigue
on croirait voir dans ces corps libérés
du désir féroce
de vivre
le soulagement de ne plus être assiégé,
un peu comme les arbustes
qui, légers, dressent leur tête,
quand désormais gronde au loin
la longue tempête qui dévaste.
Tu ne viendras pas mais tu pourrais venir
voir avec quelle funeste
lenteur on peut mourir.

I Cari

I parenti degli ospiti si muovono
verso l’ospizio al vespro e prima sciamano
come indecisi alle soglie del covo
doloroso ; s’osservano, si chiamano ;

cercano a vicenda nell’altro un nuovo
specchio, la mossa giusta nella dama
del rimorso. Ma vanamente, un rovo
di timore punge. E si entra : la chiama

ha inizio. I vecchi vanno incontro ai figli
ai nipotini, ai mariti e alle mogli.
Alcuni, impazziti, osservano i tigli

del parco, come se niente fosse. E cogli
negli occhi dei cari un breve sollievo.
« È inutile venire, lo sapevo ».

Les chers parents

Les parents des hôtes s’acheminent
vers l’hospice en fin de journée, ils essaiment d’abord
avec embarras au seuil du refuge
douloureux ; ils s’observent, s’appellent ;

cherchent mutuellement chez l’autre un nouveau
miroir, le pion juste pour les dames
du remord. Mais en vain, une ronce
de crainte pique. Et l’on entre, l’appel

commence. Les vieux vont vers leurs enfants,
petits enfants, maris et femmes.
Certains, devenus fous, observent les tilleuls

du parc, comme si de rien n’était. Et l’on devine
dans les yeux des chers parents un bref soulagement.
« Ça ne sert à rien de venir, je le savais ».

La bambina

La nipotina all’ospizio s’annoia. Ha sette anni, un cranio grazioso e mani antipatiche, grassocce. Porta un bel vestitino grigio e calze spesse, rosa. Ha conosciuto la nonna all’ospizio. Per lei, la nonna è l’ospizio. Si ritrae dagli abbracci e dai baci della vecchia. E la mamma non se la sente di rimproverarla. La nonna ha l’odore e i suoni dell’ospizio ; quando parla la bambina non l’ascolta. Le regala un sorriso ipocrita. Un sorrisetto ipocrita da bastardella scaltra. La nonna conviene sinceramente con la mamma sulle doti fisiche e d’intelligenza della piccola. Capisce anche la sua freddezza, la sua avversione per quel posto. Lascia intendere che è la stessa sua. Niente di male. Dopo essersi un po’ pestata i piedi davanti alla nonna la bambina inizia a gironzolare per il salone, tra i divani e le seggiole di giunco. Si ferma davanti ad altri vecchi, a quello sulla seggiola a rotelle. La incuriosiscono, sfiora con un dito una ruota. Avvicina crudelmente il viso al viso di uno paralizzato, impazzito. La sua immobilità la diverte. Muove la mano aperta davanti agli occhi vitrei. Sorride, si svolge alla mamma per richiamare l’attenzione, ma la donna non la guarda. Allora inizia a correre nel corridoio, da sola. La porta di una camera, socchiusa, l’attrae. Entra. Dei due letti con le sbarre uno è vuoto. L’altro è occupato da una sagoma imponente, volta da un lato. La bambina s’avvicina al letto, prende in mano una boccetta di deodorante posata sul comodino. Dà una spruzzata verso l’alto e inala il profumo trovandolo buono. Poi gira intorno al letto per vedere il volto della persona sdraiata. È un uomo calvo, con la testa chiazzata di rosso. Ha un filo di barba sul mento, la bocca sporca di semola. Gli occhi socchiusi. La bambina avrebbe voglia di saltargli sopra. Le dà l’idea di essere morbido come un cuscino. In fondo alla stanza c’è una finestra che s’affaccia sul giardino. Si muove verso di essa e in punta di piedi guarda fuori. Le viene una gran voglia d’uscire all’aperto. Quindi fugge velocemente dalla stanza per ritrovare la mamma e trascinarla via, forse piangendo. Nemmeno sospetta che l’uomo sia morto.

La petite fille

La petite fille à l’hospice s’ennuie. Elle a sept ans, un crâne gracieux et des mains antipathiques, boudinées. Elle porte une belle robe grise et des collants épais, roses. Elle a toujours connu sa grand-mère à l’hospice. Pour elle, sa grand-mère c’est l’hospice. Elle se dégage des bras qui enlacent et des baisers de la vieille femme. Et sa maman n’a pas le courage de la gronder. La grand-mère a l’odeur et les bruits de l’hospice ; quand elle parle la fillette ne l’écoute pas. Elle lui offre un sourire hypocrite. Un petit sourire hypocrite de chipie malicieuse. La grand-mère s’accorde avec la maman sur les qualités physiques et l’intelligence de la petite. Elle comprend aussi sa froideur, son aversion pour cet endroit. Elle laisse entendre que pour elle c’est pareil. Rien de mal. Après avoir trépigné devant sa grand-mère la fillette commence à déambuler dans le salon, parmi les canapés et les fauteuils en osier. Elle s’arrête devant d’autres vieux, ceux des fauteuils roulants. Ils l’intriguent, elle effleure une roue de son doigt. Elle approche cruellement son visage du visage d’un homme paralysé, devenu fou. Son immobilité l’amuse. Elle agite sa main devant les yeux vitreux. Elle sourit, se retourne vers sa maman pour attirer son attention, mais la mère ne la regarde pas. Alors elle commence à courir dans le couloir, toute seule. La porte d’une chambre, entr’ouverte, l’attire. Elle entre. Deux lits à barreaux, dont l’un est vide. L’autre est occupé par une forme imposante, couchée sur le côté. La fillette s’approche du lit, prend dans sa main un flacon de déodorant posé sur la table de nuit. Elle vaporise vers le haut et respire le parfum en le trouvant bon. Puis elle tourne autour du lit pour voir le visage de la personne allongée. C’est un homme chauve, la tête couverte de tâches rouges. Une barbe légère sur le menton, la bouche recouverte de semoule. Ses yeux sont mi clos. La fillette aurait envie de sauter sur lui. Elle a l’impression qu’il est mou comme un coussin. Au fond de la chambre il y a une fenêtre qui donne sur le jardin. Elle se dirige vers la fenêtre et regarde dehors sur la pointe des pieds. Elle a soudain envie de prendre l’air. Puis elle quitte rapidement la chambre pour retrouver sa maman et l’entraîner à l’extérieur, peut-être en pleurant. Elle ne soupçonne même pas que l’homme est mort.

Extraits de Ospiti, Piero Manni, Lecce, 2000.

Traduction : Yannick Gouchan

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