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Souvenirs illustrés de petits moments, balades, lectures, expositions....qui font le sel de la vie !

Le Paon se plaignant à Junon

La Fontaine s'est inspiré des fables d'Esope, nous l'avons tous appris sur les bancs de l'école, mais aussi de Phèdre : l'opportunité de réviser ce qui vous reste de vos chères études latines : 

Pour mémoire, Phèdre est un fabuliste latin du Ier siècle. Il a écrit plus d'une centaine de fables. Il s'est inspiré d'Ésope, et a inspiré La Fontaine. 

Les fables sont rassemblées dans un recueil intitulé Phaedri Augusti Liberti Fabulae Æsopiae, ou les fables ésopiques de Phèdre, affranchi d'Auguste. Il y met en scène des histoires avec des animaux, des hommes ou des dieux. Le but est l'amusement et l'éducation morale.

Le texte original est écrit en latin. Il est extrait des Fables de Phèdre, édition paléographique, publiée d'après le manuscrit Rosanbo, Ulysse Robert, 1893. Ce manuscrit, dit aussi Codex Pithoeanus, IXème siècle, est conservé à la Pierpont Morgan Library, NYC. Le texte original contient de nombreuses fautes d'orthographe, de grammaire ou de sens, qui sont corrigées ici, avec l'aide de Phèdre, M. D. Marie, 1846.

 

Pauo ad Iunonem de uoce sua

 

Pauo ad Iunonem uenit, indigne ferens

cantus luscinii quod sibi no tribuerit;

illum esse cunctis auribus mirabilem,

se derideri simul ac uocem miserit.

Tunc consolandi gratia dixit dea:

"Sed forma uincis, uincis magnitudine;

nitor smaragdi collo praefulget tuo,

pictisque plumis gemmeam caudam explicas."

"Quo mi" inquit "mutam speciem si uincor sono?"

"Fatorum arbitrio partes sunt uobis datae;

tibi forma, uires aquilae, luscinio melos,

augurium coruo, laeua cornici omina;

omnesque propriis sunt contentae dotibus.

Noli adfectare quod tibi non est datum,

delusa ne spes ad querelam reccidat."

 

Pour vérifier votre traduction, c'est par ici

Le paon se plaignant à Junon - (illustration de la fable de La Fontaine par Marc Chagall)

Le paon se plaignant à Junon - (illustration de la fable de La Fontaine par Marc Chagall)


Le Paon se plaignait à Junon :
Déesse, disait-il, ce n’est pas sans raison
Que je me plains, que je murmure ;
Le chant dont vous m’avez fait don
Déplaît à toute la Nature :
Au lieu qu’un Rossignol, chétive créature,
Forme des sons aussi doux qu’éclatants ;
Est lui seul l’honneur du Printemps.
Junon répondit en colère :
Oiseau jaloux, et qui devrais te taire,
Est-ce à toi d’envier la voix du Rossignol ?
Toi que l’on voit porter à l’entour de ton col
Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies,
Qui te panades, qui déploies
Une si riche queue, et qui semble à nos yeux
La Boutique d’un Lapidaire ?
Est-il quelque oiseau sous les Cieux
Plus que toi capable de plaire ?
Tout animal n’a pas toutes propriétés ;
Nous vous avons donné diverses qualités,
Les uns ont la grandeur et la force en partage ;
Le Faucon est léger, l’Aigle plein de courage ;
Le Corbeau sert pour le présage ;
La Corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramage.
Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir,
Je t’ôterai ton plumage.

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