Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane.
1 Août 2025
Des nouvelles de mon Tsundoku... il est toujours aussi joufflu, ne se dégonfle vraiment pas, puisque je ne peux m'empêcher d'acheter de nouveaux livres. Je suis devenue fan des éditions Doucey (Editions bilingues et poétiques). J'y ai encore trouvé quelques pépites...
Ainsi : J'ai découvert l'autobiographie poétique de Karine Reysset. Je n'avais jamais rien lu de cette autrice, alors que je ne manque aucun des livres de son compagnon Olivier Adam.
Ci-après la présentation proposée par son éditeur :
Karine Reysset est née en 1974. Elle fréquente à la fois les bords de Seine en région parisienne et aussi, régulièrement, les plages normandes. Son enfance est celle des enfants dans les années 70, sauf que leur famille vit un drame, le décès à trois mois et un jour d’un petit frère nommé Loïc. Et puis, il y a la rencontre avec Olivier Adam à l’université, l’amour, la famille qu’ils créent ensemble, les livres qu’ils écrivent, les endroits où ils vont vivre… Karine Reysset utilise la poésie pour raconter autrement son histoire, plus directement, et parfois plus crûment, sans fioritures. Ses mots sont bruts, vont à l’essentiel. Ils cherchent à la fois le beau, le désir de vie intense, la lumière, mais aussi ce qui gratte, dans une langue soudain épurée. J’ai beaucoup aimé cette « tentative d’autobiographie » comme elle me l’écrit en dédicace qui cherche à ne rien oublier des intentions de l’enfance, qui fait le tour des écueils mais surtout des réussites, et qui clame « l’enfance c’est rêver, grandir c’est renoncer, moi je n’ai jamais renoncé ».
Les éditions Bruno Doucey – 11 avril 2025
Mon avis : Une très belle découverte toute en finesse et délicatesse.
Un extrait d'en guise de prologue ?
"... l'enfance c'est quoi ?
c'est la plus petite matriochka
le noyau dur
le diamant pur
la part à laquelle
se raccrocher les jours de cafard
l'enfant à l'intérieur de soi
quelque part jamais loin
je la touche du bout des doigts
dans l'eau trouble des souvenirs
enfances heureuses
ou malheureuses
c'est la couche élémentaire
le limon
le sédiment
au fond de la rivière
les marais salants
les sables mouvants
l'enfance
c'est la fin de l'enfance
commencer à mourir un peu
apprendre à se taire
l'enfance c'est rêver
grandir c'est renoncer
moi je n'ai jamais renoncé"
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Un second opus des éditions Doucey : "Elles ont surgi d'une vague" de Murielle Szac :
Elles, ce sont les femmes qui peuplent les mythes grecs, celles qui ont tenu bon face aux épreuves, qui ont aimé à la folie, qui ont lutté, trahi, ri et pleuré, tué parfois. Antigone, Ariane, Artémis, Atalante, Cassandre, Clytemnestre, Hélène, Phèdre, d’autres encore bien moins connues. Tant de figures insoumises, tant d’héroïnes qui accompagnent Murielle Szac depuis des décennies, inspirant à la fois son œuvre littéraire et sa vie personnelle. À leurs côtés, dans un subtil tressage du réel et de la fiction, des femmes grecques de notre temps, des amies fragiles et fortes, porteuses d’un feu tout neuf et d’un art de vivre ancestral. Leurs voix se mêlent au bruissement des branches d’olivier, à l’écho du ressac et aux murmures du monde. Page après page, on entend se lever un grand vent de liberté.
Avec ce premier recueil de poésie, Elles ont surgi d’une vague, Murielle Szac reste fidèle à ses thèmes de prédilection : les femmes, la résistance, la liberté. Elles ont surgi d’une vague est un écrin pour des déesses comme Artémis, des héroïnes symboliques comme Antigone, Ariane, Phèdre ou des mortelles courageuses, mères, filles, sœurs qui ne lâchent rien, qui tiennent bon face aux épreuves et aux vicissitudes de la vie. Nul doute qu’elle les a rencontrées au détour d’une ruelle, dans un village de cette Crète qu’elle aime et où elle vit et écrit une partie de l’année. Ce recueil d’une beauté infinie tisse, vibre, crie, console, libère et toujours attise le feu.
Anne-Marie Thomazeau – Zébuline
Un extrait ? : "ma petite lune lambri
Le manteau de la nuit nous recouvre
on regarde les étoiles
tu te souviens fengaraki mou lambro
ma petite lune brillante
la chanson de ton enfance
celle qui invite la lune à veiller sur nous
comme elle veillait sur les enfants
allant secrètement la nuit
à l'école interdite par les Turcs
nous l'avons chantée à tue-tête en nous tenant le bras
chemins creux jambes griffées par les câpriers sauvages
odeurs entêtantes de jasmin et de caroubes
la lampe torche nous guidait plus sûrement que la lune
et ce fou-rire ce fou-rire
cococo bêbêbê
tu m'apprenais les cris des animaux
dans cette nuit noire
nous avons ri à gorge déployée
nous avons si souvent ri ensemble
nous ignorions que la mort nous guettait
non loin de ceux dont tu prenais tant de soin."
Mon avis : formidable
Evidemment, j'ai cherché et trouvé cette chanson sur YT :
Φεγγαράκι μου λαμπρό
φέγγε μου να περπατώ
να πηγαίνω στο σχολειό,
να μαθαίνω γράμματα,
γράμματα, σπουδάγματα,
του Θεού τα πράγματα.
Φεγγαράκι μου γεμάτο
σα φλουρί κωσταντινάτο,
φέγγε μου τώρα στη στράτα,
στο σχολειό να κατεβώ,
να μαθαίνω γράμματα,
γράμματα, σπουδάγματα,
του Θεού τα πράγματα,
τους γονείς μου ν’ αγαπώ,
και τρανό να ’χω σκοπό.
Juillet : le plaisir d'enchaîner mes longueurs, les dimanches après-midi
Juillet : Partir nous ressourcer dans le Berry, pour de belles excursions et expositions : Le Blanc et sa salle d'exposition au sein du Musée de la Filature, la maison du parc à Rosnay et son exposition photographique consacrée au martin-pêcheur, le joli village fleuri de Chevigny et sa collection d'hortensias, la chartreuse de Liget, et le village de Montrésor, son château entièrement meublé, ses nombreuses peintures, et sa collégiale....
Sans oublier nos petits visiteurs du petit déjeuner : les écureuils que j'ai réussi à introduire dans la boîte...
Ephéméride éclectique d'une librocubiculariste glossophile et mélomane